Les prix alimentaires encore en hausse en avril avec la guerre, selon la FAO


AFP le 08/05/2026 à 15:45

Les prix des denrées alimentaires ont modérément augmenté pour un troisième mois consécutif en avril, tirés par la flambée des coûts de l'énergie et les perturbations liées à la guerre au Moyen-Orient, indique vendredi l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

L’indice FAO des prix alimentaires, qui suit l’évolution des prix internationaux d’un ensemble de denrées, a augmenté de 1,6 % par rapport à mars et de 2 % par rapport à avril 2025.

« En dépit des perturbations liées à la crise dans le détroit d’Ormuz, les systèmes agroalimentaires mondiaux ont continué à faire preuve de résilience », a jugé le chef économiste de la FAO, Máximo Torero, cité dans un communiqué.

« Les prix des céréales n’ont augmenté que de manière modérée jusqu’à présent grâce à des stocks assez importants et une offre adéquate des saisons passées », a-t-il observé. Dans le détail, l’indice FAO du prix des céréales a ainsi crû d’un modeste 0,8 % sur un mois. C’est + 0,8 % pour le blé et + 0,7 % pour le maïs.

Mais celui des huiles végétales a bondi de 5,9 % par rapport à mars, à son plus haut niveau depuis juillet 2022, tiré par les prix des huiles de palme, de soja, de tournesol et de colza.

« Les huiles végétales subissent de plus fortes hausses de prix, largement tirées par les cours du pétrole plus élevés, qui augmentent la demande pour les biocarburants et mettent une pression additionnelle sur les marchés des huiles végétales », souligne Máximo Torero.

L’indice de la viande, en hausse de 1,2 %, a lui atteint un nouveau record en avril, dans le sillage des prix de la viande bovine.

Le conflit au Moyen-Orient a aussi renchéri les engrais, dont 30 % transitaient par le détroit d’Ormuz et dont le prix est aussi influencé par le coût du gaz nécessaire à leur production. Le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, avait estimé jeudi que la rareté des engrais devrait se traduire par une baisse des rendements agricoles et un resserrement de l’offre alimentaire dans la seconde moitié de l’année et en 2027.

« L’agriculture fonctionne selon un calendrier qui ne peut pas être repoussé », a souligné le responsable. « Les engrais doivent être épandus à certains moments précis du cycle des cultures. S’ils n’arrivent pas au bon moment, les rendements sont réduits, indépendamment de ce qui se passe ensuite », a-t-il mis en garde.