Agroalimentaire

Bonduelle envisage de se délester des légumes longue conservation en Amérique du Nord


AFP le 27/09/2021 à 10:20

Le groupe Bonduelle a annoncé lundi qu'il réfléchissait à céder « tout ou partie » de ses activités de légumes en conserve et surgelés en Amérique du Nord pour se concentrer sur ses marques propres. [Article mis à jour le 27/09/2021 à 15h24]

Il s’agit « potentiellement de rechercher un acquéreur pour tout ou partie » de cette activité appelée Bonduelle Americas Long Life (ou BALL), très tournée vers les produits vendus sous marques de distributeur (MDD), a déclaré le directeur financier Grégory Sanson, lors de la conférence de presse de présentation des résultats annuels.

« Toutes les solutions sont sur la table. Bonduelle pourrait rester actionnaire », a ajouté le directeur général, Guillaume Debrosse. « Il ne s’agit en aucun cas d’une retraite, d’un repli, d’un « downsizing » » [réduction de taille], a-t-il affirmé.

Avec 615 millions d’euros de chiffre d’affaires lors de l’exercice 2020-21, clos fin juin, BALL pèse 22 % de l’activité de Bonduelle.

L’entité nord-américaine, « née de l’acquisition en 2007 d’Aliments Carrière au Canada », compte un peu plus de 2 800 employés à équivalent temps plein et 13 sites de production industrielle.

BALL transforme et commercialise des légumes et fruits en conserve et surgelés à destination des linéaires de la grande distribution, principalement sous forme de marques de distributeurs, ou encore des professionnels de la restauration. Il officie aussi comme sous-traitant pour Géant Vert.

« Maître de son destin »

Le groupe insiste sur la priorité donnée au développement de ses marques propres (Bonduelle, Cassegrain) – qui représentent 47 % du chiffre d’affaires. Bonduelle compte être davantage « maître de son destin », selon les mots du directeur général. « Nous ne voulons pas dévier de capitaux de notre priorité stratégique », a-t-il poursuivi.

Or, pour la bonne marche de BALL (« tous nos outils sont saturés »), des investissements de plusieurs millions d’euros sont nécessaires pour s’équiper en stérilisateurs et tunnels de surgélation. « C’est un beau business, avec un « track record » [historique de performances] très fort » , a souligné M. Debrosse.

L’autre activité de Bonduelle en Amérique du Nord, celle des salades en bols individuels et en sachet (dite BFA, 668 millions d’euros de chiffre d’affaires), se porte moins bien. Elle est même déficitaire cette année, pénalisée notamment par la difficulté à trouver et conserver la main-d’œuvre.

Le groupe a lancé un « plan de redressement musclé » pour enrayer cette « contre-performance ». Il consiste notamment à relever les prix des ventes et automatiser davantage les lignes de production.

Globalement, lors de son exercice annuel, le groupe estime avoir su préserver son activité et sa rentabilité « dans un environnement sous contrainte sanitaire ». Son bénéfice net a progressé de 4,6 %, à 57,1 millions d’euros. Dans le même temps, sa marge opérationnelle courante s’est érodée, à 3,6 %. Elle était de 4,5 % lors de l’exercice 2018-2019, avant l’émergence de la pandémie de Covid-19, et de 3,8 % l’an dernier.

Le groupe avait déjà annoncé début août que son chiffre d’affaires annuel avait reculé de 2,7 %, à 2,78 milliards d’euros. Il a toutefois progressé de 1,6 % à devises et périmètre constants.

Pour l’exercice en cours, Bonduelle s’est fixé pour objectif – à périmètre et changes constants – une croissance de 3 % du chiffre d’affaires, pour atteindre plus de 2,8 milliards d’euros, et un taux de marge opérationnelle courante compris entre 3,8 % et 4 %. Et ce « malgré un environnement sanitaire toujours incertain et un contexte hyperinflationniste ».

Vers 14 h à la Bourse de Paris, le titre grimpait de 2,82 % à 21,90 euros.