Egalim, Pac…

Le ministre rappelle sa vision pour la rémunération des agriculteurs


TNC le 29/03/2021 à 10:00
Le ministre de l'agriculture, Julien Denormandie, le 25 mars 2021. (©TNC)

Le ministre de l'agriculture, Julien Denormandie, le 25 mars 2021. (©TNC)

Dans une interview donnée à Terre-net et Web-agri, le ministre de l’agriculture détaille les mesures qu’il compte mettre en œuvre pour assurer la rémunération des producteurs dans le cadre des négociations commerciales, mais également dans le plan stratégique national de la future Pac, dont une première version sera prête dans les prochaines semaines.

Interviewé après la remise du rapport de Serge Papin sur l’amélioration des relations commerciales, le ministre de l’agriculture Julien Denormandie a appelé le 25 mars à « un sursaut collectif qui doit venir de la grande distribution et des industriels ». « Car à la fin si tout le monde ne joue pas le jeu, a-t-il poursuivi, c’est une tombe collégiale que l’on creuse. Si à la fin, on n’a plus nos agriculteurs, comment l’industriel va-t-il fabriquer les produits qu’il vend grâce à l’image des territoires ? Et le distributeur, de son côté, sera obligé d’importer : croit-on vraiment qu’il sera plus facile de négocier avec des géants internationaux qu’avec nos transformateurs français ? ».

Pour le ministre, la sanctuarisation des prix aux producteurs lors de la première contractualisation constitue l’une des mesures les plus importantes du rapport, dont toutes les propositions doivent selon lui être mises en œuvre. Si le calendrier sera serré avant la fin des prochaines négociations commerciales, Julien Denormandie reste confiant sur la possibilité d’adopter rapidement ces mesures.

« Dans l’idéal, les amendements aux textes, les modifications nécessaires devraient être apportées dès cet été afin que les prochaines négociations commerciales se déroulent dans un nouveau contexte. Cependant, d’autres mesures ne relèvent pas nécessairement de la loi. Par exemple, la pluriannualité dans les contrats. Il faut évidemment qu’elle soit adossée à des clauses de revoyure, mais cela change tout, pour un agriculteur, d’avoir une visibilité sur plusieurs années. On a demandé à la CEPC (ndrl : la Commission d’examen des pratiques commerciales) de se saisir de ce sujet. De même, on avance dès maintenant sur les questions de mise en avant de l’origine. Ce rapport de Serge Papin propose peu de mesures, mais des mesures qui sont transformantes », a-t-il expliqué.

Future Pac : les arbitrages dans les prochaines semaines

Alors que différentes filières s’inquiètent du sort qui leur seront réservé dans la future Pac, comme les éleveurs de bovins viande, ou les céréaliers, le ministre a rappelé sa vision autour de « trois boussoles : la souveraineté de notre agriculture, la qualité et la durabilité de notre production et la spécificité de nos territoires ». « Je suis convaincu qu’il faut davantage soutenir certaines zones en grande difficulté, comme les zones intermédiaires. Je suis aussi convaincu que certains dispositifs actuels emprisonnent certains agriculteurs et éleveurs dans une logique favorisant la quantité par rapport à la qualité ».

Néanmoins, les choix définitifs ne seront pris que « dans les prochaines semaines », pour rédiger le plan stratégique national d’ici l’été, l’objectif étant de signer le plan stratégique national avec la Commission européenne d’ici la fin de l’année.