Engrais : l’Europe propose 500 millions d’euros d’aide aux agriculteurs
AFP le 10/06/2026 à 17:07
La Commission européenne a proposé mercredi une enveloppe d'environ 500 millions d'euros pour soutenir les agriculteurs face à l'envolée du prix des engrais liée à la guerre au Moyen-Orient.
Le 19 mai, Bruxelles avait promis un « soutien exceptionnel » de l’Union européenne, mais sans détailler les montants. Lors d’une audition devant les eurodéputés, le commissaire européen au Budget, Piotr Serafin, a mentionné une enveloppe de 500 millions d’euros « destinée à soutenir dès cette année les agriculteurs les plus touchés » par la flambée des engrais.
Dans un budget rectificatif, Bruxelles voudrait ajouter 300 millions d’euros à une réserve dédiée aux situations de crise, et dans laquelle il reste encore quelque 200 millions d’euros actuellement. Cette proposition sera soumise aux Etats et au Parlement européens.
Cette « aide rapide » permettra aux agriculteurs d’acheter « les engrais dont ils ont besoin pour la prochaine saison », a souligné le commissaire européen à l’agriculture Christophe Hansen. Et ce soutien européen « d’au moins un demi-milliard d’euros » pourra être complété par des fonds nationaux, a-t-il ajouté.
Avant le déclenchement du conflit au Moyen-Orient fin février, 30 % des engrais mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz. Depuis le blocage de ce passage stratégique, le prix des fertilisants a bondi en Europe. Ceux à base d’azote coûtent autour de 460 euros la tonne désormais, contre quelque 380 euros en décembre.
Diversifier les approvisionnements
A cela, s’ajoute l’envolée du coût du gazole pour les tracteurs, qui a poussé nombre d’Etats à sortir le carnet de chèques pour limiter la facture.
Le 19 mai, la Commission européenne a présenté un plan pour tenter de faire face, notamment pour soutenir les céréaliers, dans une situation particulièrement difficile. Gros consommateurs d’engrais, ils sont dans le rouge depuis trois ans à cause de l’effet combiné d’une récolte de blé catastrophique en 2024 et d’une année 2025 déjà marquée par des engrais très chers et une concurrence internationale accrue sur le prix du blé.
L’UE importe de 30 à 70 % des engrais qu’elle consomme, selon le type de fertilisants. Elle compte agir à plus long terme pour diversifier ses approvisionnements et augmenter la production européenne.
Bruxelles veut en outre alléger ses règles sur les nitrates pour autoriser les paysans à utiliser davantage de digestats.
Cet assouplissement inquiète les organisations environnementales, qui craignent des pollutions de l’eau.