Le gouvernement veut réunir distributeurs et industriels avant les négociations
AFP le 15/10/2026 à 16:37
Le gouvernement a annoncé jeudi qu'il réunirait distributeurs et industriels en amont de l'ouverture de leurs négociations tarifaires annuelles, en vue d'un « pacte de responsabilité » entre « l'amont » et « l'aval de la filière » agricole, en réponse à la crise du secteur.
Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, supermarchés et fournisseurs mènent des négociations commerciales, parfois brutales, qui déterminent in fine les prix en rayon (hors marques propres des distributeurs) et sont régulièrement accusées d’appauvrir les agriculteurs.
Le crû 2026-2027 s’annonce particulièrement tendu, à l’heure où les producteurs subissent les conséquences de la sécheresse, des canicules à répétition, et de l’augmentation du prix des carburants et des engrais liée à la guerre au Moyen-Orient.
À l’issue d’une réunion de ministres à Matignon sur le plan de relance agricole pour 2027, Sébastien Lecornu a évoqué « une discussion avec la distribution », une « deuxième réponse » à la crise du secteur, sur fond d’inquiétudes concernant le pouvoir d’achat des ménages.
« Notre modèle agricole repose aussi sur un marché de consommation sur lequel il n’est pas question de faire n’importe quoi évidemment, en matière d’augmentation des prix, d’inflation des produits agricoles », d’autant qu’« on a déjà une inflation importée à cause des produits énergétiques », a expliqué le Premier ministre.
« Un pacte de responsabilité »
« Mais justement, nous préemptons ce sujet » a-t-il ajouté. « On va organiser une discussion assez inédite, dans une forme de pacte de responsabilité » entre l’amont « et l’aval de la filière ».
De son côté, le ministre du commerce, Serge Papin, a précisé qu’il allait « inviter autour de la table, dès la semaine prochaine, toutes les parties prenantes » des négociations commerciales « pour trouver un pacte de responsabilité, d’équilibre entre la nécessité » de préserver d’un côté « la souveraineté agricole », l’appareil « agroalimentaire », en « particulier les PME », et de l’autre le « pouvoir d’achat ».
Contacté par l’AFP, son cabinet a précisé que le gouvernement verrait de « concert distributeurs et industriels » dans un format qui reste à déterminer, ces acteurs devant également être reçus « séparément », pour « trouver des points de convergence » en amont des négociations.
L’Association nationale des industries alimentaires (Ania) s’est félicitée auprès de l’AFP de cette initiative, assurant avoir demandé au gouvernement il y a dix jours la tenue, de « manière anticipée », d’un « comité des négociations commerciales » pour « partager les enjeux » à la « suite de la crise au Moyen-Orient et de l’été désastreux que nos filières ont vécu. »