Brexit

L’agroalimentaire français crie haro sur le poulet au chlore américain


AFP le 11/11/2020 à 11:35

Ni poulet au chlore, ni boeuf aux hormones : à 50 jours du Brexit, les industriels français de l'alimentation et le secteur agricole se déclarent très inquiets du risque d'importation en Europe, via la Grande-Bretagne, de produits américains aux standards sanitaires inférieurs à ceux de l'UE.

« Les inquiétudes de fonds ne sont pas réglées et de nombreux doutes persistent », indique le communiqué diffusé mardi par les trois organisations françaises qui chapeautent la production alimentaire : l’association des industries de l’agroalimentaire (ANIA), la coopération agricole et la première organisation agricole, la FNSEA.

Elles exhortent les négociateurs européens à tout faire pour prévenir de possibles distorsions de concurrence et à s’accorder sur un futur accord commercial qui soutienne les exploitations agricoles, les entreprises et l’emploi et protège les flux commerciaux entre la France et le Royaume-Uni.

Dans le même temps, elles appellent les milliers d’entreprises agroalimentaires ou négociants français qui exportent au Royaume-Uni à se préparer à de nombreux changements.

La France est le 4e fournisseur agroalimentaire du Royaume-Uni derrière trois autres pays européens, les Pays-Bas, l’Irlande et l’Allemagne, et son premier fournisseur en valeur de vins et spiritueux, avec une part de marché de 33 %.

« Si la secrétaire d’état britannique au commerce international, madame Truss, accepte d’importer des produits américains aux normes sanitaires inférieures aux nôtres, comme le poulet au chlore et le bœuf aux hormones, les produits agroalimentaires qui entrent sur le marché européen devront respecter l’ensemble des normes de production européennes : ni les consommateurs, ni les producteurs ne pourraient comprendre qu’il en soit autrement ! », ajoutent-ils.

« La ligne rouge européenne du maintien de règles du jeu équitables entre l’UE et le Royaume-Uni et le respect de l’intégrité du marché unique ne peut être franchie », selon le texte.

« Nous appelons également, étant donné les difficultés imminentes, à ce que la réserve d’ajustement pour le Brexit, dotée de 5 milliards d’euros, soit mise à disposition du secteur agro-alimentaire dès le 1er janvier, puisqu’il s’agit de l’un des secteurs les plus durement touchés par les répercussions du Brexit », demandent les trois responsables.