FNSEA et JA rappellent à Emmanuel Macron sa promesse sur le budget de la Pac
AFP le 15/10/2026 à 09:45
Les syndicats Jeunes Agriculteurs (JA) et FNSEA ont écrit au président Emmanuel Macron pour lui rappeler son engagement en faveur du budget de la future Politique agricole commune (Pac), la Confédération paysanne dénonçant pour sa part « un sabotage » dans le projet de compromis proposé par la présidence irlandaise.
« L’Europe doit, à travers la Pac, donner à ses agriculteurs les moyens de produire durablement pour garantir en toutes circonstances un approvisionnement alimentaire stable aux citoyens européens », soulignent FNSEA et JA dans un communiqué mercredi, veille d’un sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UE.
Les États doivent s’accorder sur le budget de l’Union pour 2028-34, mais se divisent entre les « frugaux » qui comme l’Allemagne prônent des coupes, et d’autres comme la France qui appellent à de nouvelles recettes.
« La première architecture budgétaire est inquiétante, et la France subirait une baisse d’environ 13 % de son budget Pac, un scénario totalement incohérent au regard des conditions climatiques, économiques et géopolitiques actuelles », s’alarme l’alliance syndicale majoritaire JA-FNSEA.
Les deux organisations, dans une lettre envoyée mardi, « appellent le président de la République, Emmanuel Macron, à être fidèle à son engagement et à poser les bases d’un budget de la Pac solide et à la hauteur des enjeux, a minima maintenu, inflation comprise », expliquent-elles.
Pour la future Pac, Bruxelles a proposé un minimum « sanctuarisé » d’environ 300 milliards d’euros d’aides au revenu agricole, contre 387 milliards sur 2021-2027. Face au mécontentement agricole, la Commission européenne avait annoncé en janvier un complément de près de 100 milliards, une enveloppe que des pays souhaiteraient aujourd’hui utiliser à d’autres fins.
La Conf’ dénonce un sabotage
La Confédération paysanne dénonce pour sa part la proposition de compromis présentée samedi par la présidence irlandaise et appelle la France à « s’opposer fermement à ce sabotage ».
Cette proposition « affaiblit considérablement la redistribution des aides de la Pac », en rendant par exemple facultatif pour chaque Etat leur plafonnement, les plans de transition, les paiements pour les petits agriculteurs.
« Pour garder des fermes nombreuses sur tous les territoires et dans toutes les filières, la redistribution doit être au coeur de la prochaine Pac », mais le projet « revient à continuer la course à l’agrandissement sans aucune orientation quant aux modes de production », souligne le syndicat. « Alors que les négociations européennes avancent, le gouvernement n’a toujours pas mis en place d’instance de dialogue avec l’ensemble des acteurs concernés pour débattre de la position française », regrette-t-il.