S'installer : démarches et outils

La formation, un investissement pour l’avenir de son projet


TNC le 11/03/2021 à 18:43
Se former à chiffrer et analyser son projet, par exemple, permet de s'approprier ses chiffres : marge brute, EBE, revenu disponible... (©Fotolia)

Se former à chiffrer et analyser son projet, par exemple, permet de s'approprier ses chiffres : marge brute, EBE, revenu disponible... (©Fotolia)

Pourquoi la formation est-elle si importante pour l'installation en agriculture ? Où et comment se former ? Le PPP ou plan de professionnalisation personnalisé, nécessaire pour bénéficier des aides, est aussi un excellent moyen pour acquérir les compétences indispensables afin de devenir un chef d'entreprise aguerri sur les plans technique, économique, managérial, etc.

Pourquoi se former avant de s’installer ?

Se former avant de s’installer en agriculture, « c’est se donner les clés pour réussir », insiste Lucille Faucon, animatrice chez Jeunes agriculteurs et conseillère au Point accueil installation en Ille-et-Vilaine. Un parfait résumé du webinaire organisé en novembre dernier par la chambre d’agriculture de Bretagne dans le cadre de la semaine régionale de l’installation et de la transmission(1). « C’est un investissement pour l’avenir, permettant d’être autonome dans ses décisions ! », met elle également en avant.

Se donner les clés de réussite.

D’autant que, de plus en plus multi-facettes, le métier d’agriculteur exige des connaissances et savoir-faire variés : techniques mais aussi de gestion, comptabilité, commercialisation, management, etc. « Outre le fait qu’elle conditionne l’accès aux aides à l’installation (dotation jeune agriculteur, DJA), et à certains autres avantages − priorité sur le foncier par exemple − il ne faut pas négliger la formation car elle favorise la maîtrise de son projet en développant des compétences nécessaires à un chef d’entreprise », soulignent d’une même voie l’ensemble des partenaires de l’installation. 

Maîtriser son projet, être autonome dans ses prises de décision.

Il s’agit pour les futurs installés de se « professionnaliser ».

→ L’outil pour cela : le PPP ou 3P ou plan de professionnalisation personnalisé.

(1) Cet événement avait lieu pendant la Quinzaine de la transmission/reprise d’exploitations agricoles proposé par le réseau des chambres d’agriculture dans toute la France.

Le PPP, comment ça marche ?

  • 1 rencontre avec 1 conseiller projet (1 h)

→ Objectif : faire le point sur le projet d’installation et les démarches à effectuer (avec rétroplanning).

  • 1 rendez-vous avec 1 conseiller compétence (1 h)

→ Objectif : établir un plan de formation propre à chaque projet (comprenant le stage 21 h) à partir du bilan des compétences déjà acquises et à acquérir.

Pour rappel, le stage 21 h est obligatoire pour être :

– éligible aux aides à l’installation,

– prioritaire sur le foncier au moment de la demande d’autorisation d’exploiter.

Rq : ces 2 entretiens 3P sont réalisés au CEPPP (Centre d’élaboration du plan de professionnalisation personnalisé).

Comment se former ?

Vous avez 3 ans pour vous former après agrément du PPP par la DDTM. Lequel doit être à nouveau validé, une fois les formations effectuées.

  • Pour le stage 21 h
  • Seule formation obligatoire.
  • Lieu : chambre départementale d’agriculture
  • En groupe : 10 à 20 porteurs de projet de tout âge et profil.

→ Objectif : pas qu’un apport descendant d’informations des organismes, mais des échanges constructifs, sur chaque projet, entre candidats à l’installation.

  • Durée : 3 jours

– 1er jour : point sur les démarches réglementaires et administratives (rétroplanning) en présence de la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) et de jeunes installés depuis moins de cinq ans, venus apporter leur témoignage. 

→ Objectif : prise de recul sur le projet.

– 2e jour : travail sur les points de vigilance (l’humain, en particulier pour les installations en en société, la charge de travail) et les pratiques (bio, systèmes herbagers, agro-écologie, agriculture de conservation des sols).

– 3e jour : réflexion sur la gestion des risques

→ Objectif : identifier tous les aléas possibles et définir des actions préventives.

  • Pour les autres formations
  • Quoi : formations théoriques et/ou pratiques.

Quelques exemples :

– Techniques

– Juridiques, fiscales, sociales

– Sur l’installation en  société : pour poser les bases d’une bonne association, y compris en couple. Le but, notamment : réfléchir à l’organisation du travail, au partage des tâches, à la délégation de certains chantiers…

– Chiffrer et analyser son projet : pour s’approprier ses chiffres, c’est-à-dire avoir une idée de sa marge brute, ses charges de structure, son EBE, son revenu disponible, ses prix d’équilibre, ses indicateurs trésorerie, etc. Mais également négocier le prix de reprise, raisonner les investissements…

« Cela aide à mieux présenter tous ces paramètres au banquier, à savoir si on fait les bons choix et investissements, à étudier la résilience de son projet et de son système, et à prévenir les risques car il y aura certainement des adaptations à prévoir dans les années qui viennent », soulignaient les spécialistes.

Autre conseil : ne pas hésiter à contacter le cédant pour avoir ses résultats d’exploitation, les confronter avec son chiffrage, et parler du prix de vente.

– Faire son étude de marché : pour les projets en circuits courts (obligatoire dans ce cas pour percevoir les aides à installation). Cela permet de mieux connaître son territoire, ses concurrents, les attentes des consommateurs. 

>Où : chambres d’agriculture départementales ou régionales, Civam (formation émergence ou Paysan créatif)…

>Remarques : possibilité de financement avec Pôle emploi, de convention avec des établissements scolaires (BPREA)…

  •  Stage de parrainage (3 à 12 mois) avec le cédant
  • Pour les installations hors cadre familial
  • Les avantages :

– Transmission progressive et plus sereine des connaissances et savoir-faire.

– Un excellent moyen de tester son projet et/ou la ferme à reprendre.