« Faire des sols vivants, une priorité nationale »
TNC le 02/11/2026 à 16:30
Appuyées par leurs réseaux d’agriculteurs, cinq associations viennent de lancer un pacte national pour placer la santé des sols français au cœur des programmes des Présidentielles 2027.
La grande majorité des sols agricoles en Europe sont dégradés. Face à ce constat, l’Association pour la promotion d’une agriculture durable (Apad), Base, Bleu-Blanc-Cœur, Earthworm Foundation et Pour une Agriculture du vivant s’unissent, pour la première fois, pour lancer le « Pacte national pour les sols vivants ».
« Tout commence là : le sol nourrit ce que nous mangeons, absorbe l’eau, stocke du carbone. Pendant longtemps, nous l’avons considéré comme un simple support, disponible et presque inépuisable. Il ne l’est pas, rappelle Jean-Paul Dallene, agriculteur et soutien de ce collectif, dans La Tribune Dimanche.
« Chaque année en France, le ruissellement entraîne la perte de 1,5 t de terre agricole/ha, soit 5 camions-bennes de terre fertile pour une exploitation de 100 ha. Or, reconstituer un seul centimètre de sols arable peut prendre plusieurs décennies. »
Faire de la conservation et de la régénération un enjeu majeur
Pourtant, « les bonnes pratiques existent déjà. Depuis des années, des agriculteurs expérimentent et font évoluer leurs pratiques pour conserver ou régénérer leurs sols. Il s’agit aujourd’hui de reconnaître ce qui fonctionne et de créer un cadre permettant à ces pratiques de se généraliser. »
Le collectif a ainsi formulé quatre engagements pour le prochain quinquennat :
- « décider de changer d’échelle, en inscrivant la régénération et la conservation des sols au cœur des politiques publiques » ;
- « mesurer pour piloter : créer un observatoire et un socle d’indicateurs communs et partagés entre acteurs » ;
- « former pour accélérer le déploiement des pratiques durables sur le terrain » ;
- « sécuriser pour accompagner économiquement les agriculteurs en transition, qu’ils soient débutants ou déjà pionniers ». « 93 % se déclarent prêts à engager ou accélérer leur transition, mais 87 % la conditionnent à des facteurs économiques », selon le Shift Project 2024.
Avec ce pacte, les associations entendent « appeler les candidats à l’élection présidentielle de 2027 à s’appuyer sur les solutions déjà mises en œuvre sur le terrain et à prendre des engagements concrets pour accompagner leur déploiement à l’échelle nationale et ainsi à agir en faveur de notre résilience agricole et alimentaire ».