Des stocks stratégiques de céréales ? Le ministère lance une mission flash


AFP le 06/11/2026 à 11:43
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La grande majorité des pays européens travaillent à la constitution de stocks stratégiques de denrées agricoles. (© TNC)

Le ministère de l'agriculture a lancé une mission flash sur la création éventuelle de stocks stratégiques de céréales, pour garantir l'offre en cas de crise, a indiqué vendredi le ministère à l'AFP, confirmant une information de RTL.

La France détient des stocks stratégiques de produits pétroliers (elle y a puisé dix millions de barils de gazole début octobre dans l’espoir de diminuer le prix du litre à la pompe), mais pas de stocks stratégiques de céréales. Interrogé, le ministère de l’agriculture n’a donné aucun détail sur cette mission flash, précisant juste que les résultats seraient donnés en fin de mois.

« Quand on parle de stocks stratégiques, c’est pour faire face à des conflits, des guerres, un peu comme les stocks de barils de pétrole », a expliqué à l’AFP Éric Thirouin, président de l’AGPB, l’association spécialisée de la FNSEA qui regroupe la majorité des producteurs de céréales à paille (blé, orge, avoine, seigle, etc.).

L’Europe a demandé à ses États membres de réfléchir aux stocks stratégiques, et pas uniquement pour les denrées alimentaires, a-t-il ajouté. La grande majorité des pays européens « travaillent à la constitution de stocks stratégiques de denrées agricoles, mais, jusqu’il y a peu, pas la France », a-t-il précisé.

La Suède, par exemple, a indiqué en octobre 2025 qu’elle mettait en place des réserves de céréales dans le nord du pays, à utiliser en cas de guerre ou de crise. En mars dernier, l’interprofession des céréales en France avait dit réfléchir à des solutions « face aux chocs géopolitiques », comme la constitution de stocks stratégiques ou la rénovation des silos à grain.

La guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par les frappes israélo-américaines sur l’Iran, est venue à nouveau questionner la résistance de la filière française.

La France est la première puissance agricole de l’Union européenne (1er producteur de blé et maïs), mais ses surfaces de cultures diminuent en raison, selon l’AGPB, de la faible rentabilité des cultures céréalières. Les surfaces cultivées pour les céréales à paille ont ainsi reculé de 900 000 hectares en dix ans, passant de 8,1 millions d’hectares en 2016 à 7,2 millions en 2026, selon l’AGPB.