Conjoncture laitière

Des marchés laitiers devenus imprévisibles à cause du Covid-19


TNC le 13/11/2020 à 14:20

Bien que les cours des produits laitiers soient actuellement stables, des incertitudes planent sur le marché du lait. En effet, la crise sanitaire et donc économique en devenir ne donne pas beaucoup de visibilité sur l'évolution des prix.

[Vidéo] Conjoncture laitière du Cniel, novembre 2020 :

Si la production laitière augmente depuis le début de l’année dans les principaux bassins exportateurs mondiaux (+ 1,2 % dans l’Union européenne, + 1,5 % aux États-Unis et + 0,4 % en Nouvelle-Zélande), elle est depuis la fin du mois d’octobre en repli dans l’Hexagone (- 1 à 2 % par rapport à 2019).

Évolution de la collecte laitière en France jusqu’à la fin octobre 2020. (©Cniel)

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Un marché des produits laitiers imprévisible

« La situation actuelle se caractérise par des incertitudes liées à la crise économique en devenir qui rend imprévisible l’évolution des marchés au cours des prochains mois », avance Benoît Rouyer économiste du Cniel dans sa dernière note de conjoncture laitière.

« Les cours des produits laitiers industriels ont connu une évolution assez chaotique au cours du premier semestre. Les mesures prises pour endiguer la pandémie ont perturbé en mars l’équilibre et induit une baisse brutale des cours. »

En mai, après le pic printanier de production, les prix ont de nouveau progressé mais depuis cet été, le prix du beurre est stable (à 3 300 €/t), tandis que la poudre de lait écrémée augmente faiblement (2 300 €/t).

Évolution des prix des produits industriels en France jusqu’à la fin octobre 2020. (©Cniel)

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Ça pourrait être pire..

« Selon l’enquête mensuelle laitière de FranceAgriMer, le prix standard du lait de vache conventionnel était au mois d’août 2020 de 333 €/1000 l, soit 11 € en dessous du niveau de 2019 », cite l’expert.

« La situation actuelle est moins favorable que le scénario escompté en début d’année 2020, avant que la pandémie ne se manifeste. Pour autant, la conjoncture n’est pas aussi dégradée qu’au cours des années 2015 et 2016. Il n’y a pas de stock à l’intervention ou de menace à court terme de forte baisse des prix sur les marchés internationaux. »

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Prix mensuel du lait de vache français. (©Cniel)