Recruter un apprenti

Comme pour un salarié agricole, plusieurs étapes à suivre


TNC le 12/01/2021 à 05:49
 L'augmentation de l'aide à l'embauche d'un apprenti versée la première année vient d'être prolongée jusqu'à fin février 2021. (©Countrypixel, Fotolia)

L'augmentation de l'aide à l'embauche d'un apprenti versée la première année vient d'être prolongée jusqu'à fin février 2021. (©Countrypixel, Fotolia)

Face à un besoin de main-d'oeuvre sur une ferme, l'apprentissage peut être une alternative au salariat, surtout si le volume de travail ou les capacités financières sont insuffisantes pour un temps plein. D'autant que l'employeur bénéficie d'aides et assure un rôle de formateur. Mais comme pour un salarié classique, des démarches doivent être respectées pour le recrutement.

Et si vous agriculteur, vous recrutiez un apprenti au lieu d’un salarié agricole ? Car vous avez une charge de travail trop importante par rapport au nombre d’UTH de l’exploitation, mais pas assez quand même pour embaucher un temps plein. Et les résultats économiques de la ferme ne vous permettent peut-être pas non plus de recourir au salariat à temps complet.

Aide à l’apprentissage : + 825 € (< 18 ans) ou + 5 875 € (sinon) la 1ère année jusqu’à fin février 2021

Or, si vous employez un apprenti, vous toucherez des aides : depuis le 1 er janvier 2019, 4 125 € l’année N, 2 000 € l’année N+1 et 1 200 € l’année N+2. Suite à la crise sanitaire et économique du Covid-19, la somme versée la 1ère année pour les contrats signés à partir du 1 er juillet 2020 a été augmentée à 5 000 € pour les mineurs et à 8 000 € pour les plus de 18 ans.

Et cette mesure, qui devait prendre fin au 1er janvier 2021, vient d’être prolongée jusqu’au 28 février ! Par ailleurs, en fonction de là où se situe la ferme, il peut y avoir des subventions spécifiques pour les TPE (entreprises de moins de 11 salariés) ou des primes départementales/régionales destinées à favoriser l’apprentissage, voire des crédits d’impôt.

Mais au-delà de ces considérations financières, pour que l’apprentissage se passe bien, l’agriculteur employeur doit mener certaines démarches, selon un calendrier défini, et respecter quelques préconisations de bon sens. Comme pour le recrutement d’un salarié agricole classique en somme ! La première condition étant bien sûr d’aimer former et partager ses connaissances et pratiques.

Les 8 points-clés pour l’embauche d’un apprenti

En début d’année

1- Analyser son besoin en main-d’œuvre

2- Élaborer un profil de candidat

3- Établir les missions/tâches, les horaires de travail, la saisonnalité, les congés

Vers avril

4- Diffuser l’annonce

5- Effectuer les entretiens d’embauche

→ Objectif : trouver la personne qualifiée qui correspond le mieux et définir son périmètre d’action.

Vers mais-juin

6- Finaliser le recrutement : choix du jeune et précision des dates, de la formation, du salaire…

Une semaine avant l’arrivée de l’apprenti

7- Réaliser les démarches administratives et réglementaires

– rédaction du contrat d’apprentissage (document cerfa FA13 à télécharger sur le site internet www.service-public.fr) avec les coordonnées du maître d’apprentissage et de l’apprenti, son âge, la formation suivie et le diplôme à passer, le numéro Insee de l’exploitation agricole, son affiliation à la MSA, les dates et durée du contrat, la rémunération par rapport à l’âge et l’année d’apprentissage, etc.

À signer en 3 exemplaires par le CFA (centre de formation des apprentis), l’exploitant et le jeune.

– réalisation de la déclaration unique d’embauche

– passage de la visite médicale d’embauche…

8- Préparer l’accueil : fourniture du matériel nécessaire, intégration sur l’exploitation et parmi les autres salariés s’il y en a.

Les 5 étapes de la réalisation du contrat d’apprentissage, résumées en vidéo (si le secteur présenté n’est pas l’agriculture, le processus est globalement le même) :

Se faire accompagner

Les exploitants agricoles, qui sont tentés par l’apprentissage, se posent souvent beaucoup de questions, particulièrement en termes de normes et de législation du travail, et ne savent pas de manière générale comment procéder pour embaucher un apprenti. « On ne connaissait pas le nombre d’heures par semaine, les documents à remplir et les délais pour le faire, les obligations concernant les visites médicales », témoigne Mathieu Desjardin, éleveur à Clairfayts (Nord), dans une vidéo diffusée sur Youtube par la chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais.

Ne pas hésiter à contacter la chambre départementale ou régionale d’agriculture, qui dispose même parfois d’un service dédié, qui se charge notamment d’accompagner les maîtres d’apprentissage, en particulier au niveau administratif et réglementaire.

Y sont enregistrés les contrats en 3 exemplaires, expédiés par courrier ou par mail par le centre de formalité des entreprises (CFE) et déjà remplis par le CFA. « Il s’agit, en particulier, de vérifier toutes les informations qui y figurent pour éviter les erreurs et les retards de dossier, et permettre le déblocage des aides pour les agriculteurs employeurs », précise la chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais. Les données sont ensuite transmises à la MSA et la Draf, et chaque exemplaire est envoyé à son destinataire (jeune, maître d’apprentissage, CFA).

Seul, c’est compliqué et ça prend beaucoup plus de temps !

« En se débrouillant seul, c’est compliqué et ça prend beaucoup plus de temps ! », appuie Mathieu Desjardin. Et après le recrutement, le producteur a tout intérêt à continuer à faire appel aux conseils des professionnels « afin d’être un bon patron » et pour savoir « comment bien réagir face à certaines situations » qu’il peut rencontrées.