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[Fiche pratique] Salariés agricoles

5 clés pour embaucher puis fidéliser


TNC le 08/10/2020 à 05:55
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Afin d'aider les exploitants agricoles dans leur recherche et recrutement de salariés, Sdaéc-Terralliance livre une série de conseils en cinq étapes, essentielles à suivre selon le groupement d'employeurs pour trouver la bonne personne et la garder sur la ferme. Vous pensez que ces préconisations sont surtout valables pour les services de ressources humaines ? Détrompez-vous : elles vous seront d'autant plus utiles dans un contexte où l'agriculture, et en particulier l'élevage, peine à recruter. D'ailleurs, une exploitation ne se rapproche-t-elle pas de plus en plus d'une entreprise classique ?

1. Bien analyser votre besoin

→ Il  s’agit de définir :

  • l’intitulé du poste, le temps de travail, le statut…
  • les missions et tâches à effectuer
  • les compétences et savoir-être souhaités
  • le budget consacré (salaire versé)
  • la place du futur(e) employé(e)

→ Cela servira à rédiger la fiche de poste et, dans un second temps, l’offre d’emploi.

2.  Veiller à la rédaction et diffusion de l’offre d’emploi 

→ Elle doit être précise.

→ Son contenu est réglementé.

  • Doit y figurer obligatoirement : l’intitulé du poste, le type de contrat (CDI, CDD, etc.), le nom de l’employeur, la localisation de l’exploitation, l’adresse de contact, la date de publication de l’annonce.
  • Sont interdites : les mentions discriminatoires (sexe, âge, origine, situation familiale, état physique, appartenance syndicale, conviction religieuse…).

→ Plusieurs canaux de diffusions possibles :

  • internes : professionnels (collègues agriculteurs, conseillers agricoles, etc.) ou non (amis, voisins, réseau social local, etc.)
  • externes : job boards, journaux, réseaux sociaux, partenaires de l’emploi (Anefa, Pôle Emploi…)

3. Étudier les candidatures méthodiquement

→ Déterminer les critères de recrutement prioritaires.

→ Puis les éléments plus secondaires :

→ Lire les CV et lettres de motivation pour effectuer un premier tri.

→ Contacter, par téléphone, les postulants qui correspondent le plus aux besoins exprimés à la première étape (cf. point 1), avec une liste d’informations à demander pour réaliser une deuxième sélection.

! Toujours faire un retour aux candidats, même s’il est négatif. Ils pourront ainsi :
– progresser lorsqu’ils postuleront une prochaine fois à un poste similaire,
– se réorienter vers d’autres offres d’emploi qui leur conviennent mieux
– garder une bonne image de la ferme

4. Préparer et mener l’entretien de recrutement

→ Choisir un endroit calme.

→ Réserver un accueil convivial.

→ Présenter l’entreprise, le poste, les attentes vis-à-vis du salarié.

→ Interroger la personne qui candidate sur : 

  • son expérience professionnelle

Exemples :

Parlez-moi de vous, de votre parcours, de votre formation, de vos centres d’intérêt/hobbies ?

Quelles missions exerciez-vous dans votre emploi précédent ?

Votre plus beau succès selon vous ?

Avez-vous déjà vécu une situation difficile à gérer ? Comment avez vous réagi ? Avez-vous trouvé une solution ?

Retrouvez cet autre article : Salariés en élevage − Bien les accueillir, c’est partir du bon pied !

  • ses motivations

Exemples :

Que connaissez-vous de l’exploitation ? (Rq : s’être renseigné est une preuve d’intérêt)

Qu’est-ce qui vous intéresse dans ce poste ?

! C’est une question de dosage : être curieux mais pas trop. Cette phase est importante pour évaluer les savoir-être.

→ Essayer de juger de la capacité de son interlocuteur à apprendre et évoluer.

→ Donner envie de travailler sur la ferme.

→ Préciser la suite des « événements » et s’y tenir (rq : atteste du sérieux de l’entreprise) : délais et modalités de réponse (téléphone, mail, courrier), etc.

! Prévenir le candidat s’il n’est pas retenu en lui expliquant pourquoi ce choix (pour les mêmes raisons qu’au premier tri, à la fin de l’étape 2).

→ Dans une société agricole ou une exploitation recourant au salariat : conduire l’entretien avec les autres associés et salariés, ou prévoir au moins un temps de présentation/discussion avec le postulant.

→ Choisir est parfois difficile : plusieurs conseils

  • Mettre l’accent sur les savoir-être et la curiosité de la personne.
  • Demander l’avis de ses associés ou salariés déjà en place (cf. ci-dessus).
  • Ne pas trop prolonger l’entretien et le processus de recrutement, ni « cuisiner » le candidat, vous risquez de le perdre. Or, trouver un salarié agricole n’est pas chose facile !
  • Il existe une période d’essai pour tester l’employé, afin de conforter sa décision ou, à l’inverse, revenir dessus.

Porter attention aux aspects relationnels au-delà des savoir-faire.
Se poser la question : est-ce que je me vois travailler avec cette personne ?

5. Savoir fidéliser

→ Organiser le travail et communiquer :

  • clarifier ses attentes si nécessaire (afficher les consignes, établir un planning des tâches…)
  • valoriser les réussites du salarié
  • oser dire ce qui va moins bien en parlant plutôt de « points à perfectionner »

Pour aller plus loin : Management et bien-être au travail − Construisez un projet avec votre salarié, vous le garderez plus longtemps !

→ Proposer des moments conviviaux.

→ Accompagner l’employé via un suivi et des rendez-vous réguliers.

→ Ne pas tout miser sur le salaire.

→ Donner la possibilité d’évoluer grâce notamment à la formation (des financements sont disponibles pour cela).

! La montée en compétence et la spécialisation des salariés agricoles est bénéfique à l’entreprise. D’autant qu’elle améliore la prise de décision et de responsabilité, ainsi que l’autonomie, et entretient la motivation.

Découvrez ou redécouvrez les deux premières fiches pratiques réalisées avec le groupement d’employeurs Sdaéc-Terralliance :

Sécurité au travail – En tant qu’employeur, que dois-je faire avant/après l’arrivée d’un salarié ?

Partager un salarié sur plusieurs fermes, comment ça marche ?

Sdaéc-Terralliance en chiffres :

– 2 groupements d’employeurs : Sdaéc (service de remplacement depuis 40 ans) et Terralliance (travail à temps partagé depuis 2006).

– 3 départements (22, 35 et 29).

– 330 salariés (200 pour Sdaéc et 130 pour Terralliance).

– 6 000 agriculteurs(.rices) adhérent(e)s.

– 2 500 mises à disposition de salariés pour Terralliance en 2018.

Source : visio-conférence de Sdaéc-Terralliance « Le travail à temps partagé, vous y avez pensé ? » organisée lors de l’édition 2020 du Space, 100 % digitale à cause de la pandémie de Covid-19.