Arnaud Rousseau, réélu, détaille les priorités de la FNSEA
TNC le 16/04/2026 à 15:28
Reconduit sans surprise à la tête de la FNSEA, le 16 avril, Arnaud Rousseau a rappelé ses priorités pour les prochains mois avant l’élection présidentielle. Dans un contexte économique et géopolitique difficile, il s’agit de remettre la production agricole au cœur des enjeux, et des politiques.
Entre les conséquences des différents conflits, les questions européennes liées aux accords de libre-échange, la Pac, le MACF, et les sujets strictement français liés à la loi d’urgence, les défis immédiats auxquels l’agriculture fait face imposent à la FNSEA « d’afficher un front uni, parce qu’elle est soucieuse d’avoir une efficacité opérationnelle pour atteindre ses objectifs », estime Arnaud Rousseau, qui a pris la parole après sa réélection à la tête du syndicat.
Le conseil d’administration de la FNSEA, élu au congrès de Caen, fin mars, a procédé le 16 avril au renouvellement de son bureau avec peu de changements notables, puisque 11 membres sur 15 ont été renouvelés, dont le président, seul candidat à sa succession.
Pour les nouveaux élus ou réélus, il s’agit de « se projeter rapidement dans les échéances avec en ligne de mire la souveraineté alimentaire », insiste Arnaud Rousseau qui évoque les sujets de la balance commerciale, de dérèglement climatique, mais aussi les questionnements sociétaux autour des modes de production. Le dernier rapport d’orientation de la FNSEA servira ainsi de base pour échanger avec les candidats à l’élection présidentielle mais aussi avec la société.
La FNSEA félicite @rousseautrocy pour sa réélection à la présidence de notre syndicat, ainsi que l’ensemble du Conseil d’administration.
Une confiance renouvelée pour poursuivre, collectivement, les engagements au service des agriculteurs et notre projet pour la souveraineté :… https://t.co/XgkOZRXNPq
— La FNSEA (@FNSEA) April 16, 2026
Difficultés agricoles et loi d’urgence
La FNSEA entend également avancer rapidement sur les sujets de court terme, notamment pour deux filières actuellement en grande difficulté, la viticulture et les grandes cultures, explique Hervé Lapie, renouvelé en tant que secrétaire général. La guerre au Moyen-Orient est en effet venue renforcer les problèmes existants, notamment avec l’augmentation du GNR. Dans une ferme, la consommation de carburant tourne autour de 80 à 120 litres par hectare, rappelle Arnaud Rousseau. Une augmentation de prix supérieure à 50 centimes le litre, ce sont des charges à l’hectare qui grimpent de 50 à 60 €, développe-t-il, et ce sans tenir compte de l’augmentation des engrais qui avoisine de son côté les + 30 %.
La FNSEA attend dans un premier temps le vote de la loi d’urgence sur la question des moyens de production, le stockage de l’eau et la prédation. « Il faut remettre au centre l’acte de production », explique Hervé Lapie, qui entend bien « maintenir le sujet agricole sur le dessus de la pile » des préoccupations politiques.
Un syndicat qui continue à porter des solutions
Au président de la République, aux pouvoirs publics, « nous voulons dire que la FNSEA est organisée, qu’elle continuera à proposer des solutions, à agir pour l’intérêt du monde agricole et pour notre pays » car les intérêts sont convergents, a insisté Arnaud Rousseau. S’adressant aux agriculteurs, il a ajouté être « conscient que, sur le terrain, la situation est difficile, les interrogations sont nombreuses », mais dans ce contexte, « un syndicat qui cherche et qui construit des solutions, c’est le seul moyen pour essayer de sortir du marasme », a-t-il insisté.