Aléas économiques

Aménagement de dette : des solutions pensées avec le client


Crédit Mutuel le 15/08/2019 à 06:10
Un réétalement des prêts à court terme a permis à l'agriculteur de sortir de l'impasse et de pouvoir souffler en attendant de retrouver une situation financière saine. (©Fotolia)

Un réétalement des prêts à court terme a permis à l'agriculteur de sortir de l'impasse et de pouvoir souffler en attendant de retrouver une situation financière saine. (©Fotolia)

Quelques années après son installation, Adrien Tavernay subit de plein fouet les effets combinés d’une mauvaise récolte, de la chute des cours et de la vaccination obligatoire contre la FCO. Contraint de contracter plusieurs crédits, il se retrouve en difficulté pour rembourser. Une situation qui l’amène à rencontrer le Crédit Mutuel pour envisager un ré-étalement de ses prêts. Aujourd’hui, l’exploitation respire à nouveau.

« J’étais dans une impasse financière, admet Adrien Tavernay. Sans le soutien du Crédit Mutuel, il aurait fallu vendre le cheptel et le matériel, et il serait malgré tout resté une dette à titre privé… » Heureusement, l’histoire connaît une fin plus heureuse. En 2004, le jeune agriculteur reprend un troupeau de 200 brebis, des bâtiments et 170 ha de SAU en location. « J’ai frappé à la porte du Crédit Mutuel qui a accueilli mon projet très favorablement, se souvient-il. J’ai bénéficié de prêts JA bonifiés pour la moitié du rachat de l’EARL, et d’un financement dans les mêmes conditions sur l’autre moitié. » Le jeune homme emprunte 250 000 €. Les premières années sont encourageantes. Malgré leur faible potentiel, une grande partie des terres est consacrée aux cultures. Les rendements sont bas mais permettent de tenir le cap… jusqu’en 2009, où les intempéries entraînent une récolte catastrophique, à laquelle viennent s’ajouter des prix historiquement bas. Dans le même temps, le prix des intrants flambe et la vaccination FCO impacte les performances du troupeau.

Le dossier est gardé en agence pour la phase de recouvrement amiable

Adrien enchaîne les courts termes pour financer sa trésorerie, mais a de plus en plus de difficultés à honorer ses échéances. La situation n’est plus tenable. Il contacte le Crédit Mutuel où il est reçu par le directeur de la caisse locale. « Notre philosophie n’est pas se débarrasser d’emblée du client pour l’adresser au service contentieux, souligne le directeur. On garde le dossier en caisse et on met en place une phase de recouvrement amiable. Si on sent le client attentif, prêt à remettre en cause son fonctionnement, on cherche ensemble des solutions. » La viabilité économique de l’exploitation est rigoureusement évaluée : l’établissement bancaire estime la capacité financière de remboursement en jaugeant le potentiel de la ferme par rapport au revenu escompté. Les besoins de fonctionnement sont redéfinis, pour que l’exploitation mais aussi l’agriculteur puissent continuer à vivre. « Tous ces paramètres permettent de déterminer une enveloppe et un montant d’annuité tenable. Cela ne sert à rien d’accompagner ponctuellement. Il faut que ce soit durable. » L’ensemble des prêts à court terme, 140 000 €, est réétalé sur 12 ans.

« Pas juste un numéro client avec une échéance de prêt ! »

Une bouffée d’air pour Adrien Tavernay qui se remet à travailler l’esprit tranquille. « Humainement, l’accompagnement a été formidable, s’exclame-t-il. On n’est pas juste un numéro client avec une échéance de prêt ! »

L’expérience l’incite à repenser ses pratiques : moins de phytos, plus d’observation et des interventions réduites au strict nécessaire. Pour désherber, il allonge sa rotation et met en place plus de cultures pour casser le cycle des adventices. Résultat, les charges baissent, les marges augmentent. La trésorerie s’assainit. En 2015, l’opportunité d’un agrandissement entraîne un nouveau rendez-vous avec le Crédit Mutuel, qui remanie une nouvelle fois les financements pour le suivre sur le projet. « Nous avons pris le reliquat de la première restructuration, puis globalisé avec le besoin pour la reprise du foncier, détaille le directeur. Mais ces terres étant meilleures, nous avons intégré au prévisionnel un meilleur potentiel de rendement. » Aujourd’hui, Adrien Tavenay dispose de 260 ha et d’un cheptel de 430 brebis. Et l’exploitation va bien.