Travail en élevage : ils ont modifié leur exploitation pour gagner du temps


TNC le 12/05/2026 à 14:52
TraiteCACantal

(© Chambre d'agriculture du Cantal)

À travers des reportages vidéo, la Chambre d’agriculture du Cantal met en avant des éleveurs ayant repensé leurs méthodes de travail pour gagner du temps. Parmi eux, Yannick Navarro, qui a supprimé la traite du soir, et Richard Rodier, qui a simplifié l’alimentation de ses vaches grâce au séchage en grange.

La monotraite pour pallier un départ en retraite

Installé depuis 2007 sur la ferme familiale, Yannick Navarro a dû repenser le fonctionnement de l’exploitation lors du départ en retraite de son papa, en décembre 2022. Avec 70 Montbéliardes en AOP Cantal et Salers, les éleveurs effectuaient jusqu’alors deux traites par jour, ainsi que deux transformations laitières pour valoriser le produit de la traite. « Le but était de continuer ce qu’on avait entrepris en termes de transformation et commercialisation, donc nous sommes passés en monotraite », résume l’éleveur. Seules la traite et la transformation fromagère du matin ont été conservées. « Ça nous allège le travail », tranche Yannick.

Les vaches n’ont pas eu de mal à changer de rythme. « En 48 heures, elles étaient habituées ». C’est pour l’éleveur que la transition a été plus délicate. « J’ai mis une petite année pour m’y faire », confie l’éleveur au micro de la Chambre d’agriculture du Cantal. « Pour tout vous dire, j’ai même repris la traite deux fois par jour pendant une période en hiver. J’avais du mal à accepter de faire perdre à nos vaches le potentiel qu’elles avaient à produire ». Yannick s’est ravisé en constatant la charge de travail. « C’était plus facile d’accepter que les vaches perdent en lait, que de ne pas arriver à faire le travail ».

Aujourd’hui, l’éleveur apprécie la pratique. Les après-midi sont plus libres qu’avant. « Ça me permet de travailler à l’extérieur dans les champs, de faire des choses que je faisais moins avant… » Et les week-ends sont consacrés à la famille. Activités extrascolaires, repas entre amis… L’éleveur profite des samedis et dimanches après-midi.

Le séchage en grange pour faciliter la distribution d’aliment

Toujours dans le Cantal, Richard Rodier a également repensé l’exploitation familiale. Sur la ferme avec son père depuis 2013, il a troqué le système maïs pour le séchage en grange. Si au premier abord, le changement concerne surtout l’alimentation des vaches, il limite l’astreinte qui entoure l’alimentation des animaux. « Il y a un vrai impact sur le travail. Plus de semis de maïs… Et surtout l’hiver, c’est agréable de ne pas aller lever les pneus et la bâche sur le silo ».

L’affouragement se fait en intérieur, grâce à une pince à fourrage. « On ne donne que du foin, interdiction de donner un fourrage autrement avec le label lait de foin. C’est plus facile à gérer et moins chronophage ».

« Le travail, c’est la clé. Il faut bien le mesurer et le réfléchir pour avoir du temps libre pour sa famille », poursuit Richard. L’éleveur s’y attelle. Sa devise ? « En général, je dis que je n’ai pas le temps, mais il ne faut pas le répéter ! »