Betteraves

Tereos poursuit son engagement dans la production de sucre bio en France


TNC le 23/06/2020 à 18:04
Pour Romain Lhopiteau, la principale difficulté à noter dans la conduite de la betterave bio : la gestion des adventices. (©Michel Blossier)

Pour Romain Lhopiteau, la principale difficulté à noter dans la conduite de la betterave bio : la gestion des adventices. (©Michel Blossier)

Le groupe coopératif Tereos continue le développement de sa filière bio, après une première campagne de production de sucre de betterave bio réussie. En 2020/21, ce sont 500 ha de betteraves bio qui ont été semés par plus de 60 producteurs partenaires.

« Nous sommes globalement satisfaits de la première campagne d’expérimentation passée (2019/20), qui a été un succès tant niveau production que commercialisation », présente Laura Loffler, responsable du développement des activités bio de Tereos, lors d’un point presse le 19 juin dernier.  Cela a été rendu possible « par la trentaine d’agriculteurs, bio ou en conversion, engagés dans la démarche, ainsi que par l’expertise des équipes Tereos qui ont su notamment adapter les process de production sur l’usine d’Attin (Pas-de-Calais) ».

Plus de 60 planteurs engagés pour la campagne 2020/2021

Celle-ci a été la première usine à avoir produit du sucre certifié bio en France. Le sucre produit a été vendu auprès des clients industriels de Tereos (boissons, épicerie sucrée, confitures, confiseries), mais aussi auprès des agriculteurs partenaires qui ont une activité de transformation à la ferme.

« En adaptant nos process industriels sur nos usines existantes, nous pourrons proposer cette alternative aux agriculteurs bio qui souhaitent se diversifier », complète Laura Loffler. Et face à une première campagne satisfaisante, Tereos a accru ses surfaces de betteraves bio cette année, passant de 200 à 500 ha. Le nombre d’agriculteurs partenaires a, pour sa part, doublé avec plus de 60 planteurs engagés. Pour Xavier Dupuis, chef de projet agricole – « filière bio » chez Tereos, « cela témoigne de l’intérêt des agriculteurs pour cette culture ».

À lire aussi : [Reportage] Cultiver de la betterave bio : un défi relevé par Gilles Roussin (91)

Principale difficulté : la gestion des adventices

Chaque planteur, bio ou en conversion, peut compter sur l’accompagnement technique et agronomique du pôle coopérateurs de Tereos via « des newsletters d’infos, des échanges réguliers tout au long de la campagne, ainsi que les différents essais mis en place par la coopérative (densité de semis, variétés tolérantes aux maladies, désherbage mécanique…), etc. », précise Xavier Dupuis.

Parmi les défis techniques à relever dans la conduite de la betterave bio, la gestion des adventices est le principal, selon Romain Lhopiteau, agriculteur bio à Néron (Eure-et-Loir). Pour la campagne 2019, les rendements de betteraves pour la coopérative sont assez hétérogènes : de 20 à 80 t/ha, et sont surtout dépendants de cette maîtrise de l’enherbement.

« En 2019, je n’ai pas pu biner aussi souvent que souhaité et j’ai été un peu dépassé », précise Romain Lhopiteau, qui a, du coup, eu recours à l’écimeuse. « Je n’ai pas fait du tout de désherbage manuel la campagne passée, mais cela aurait peut-être contribué à un meilleur rendement  » L’agriculteur a donc engagé 10 jeunes de la région pour désherber sur le rang. Selon les équipes Tereos, il faut viser « entre 50 et 100 h/ha de désherbage manuel pour assurer la rentabilité de la culture ». « La technique du faux-semis est aussi un levier important et il convient de varier les outils de désherbage mécanique utilisés (herse étrille, houe rotative, bineuse). Des essais sont en cours pour le repiquage de betteraves et le semis en carré, mais ces techniques ne sont pas encore vraiment opérationnelles à ce jour », précisent les équipes Tereos.

Voir également : Betteraves sucrières bio – Repiquage ou semis en carré pour faciliter la gestion des adventices ?

Romain Lhopiteau estime qu’il « faut environ 20 t/ha de rendement supplémentaire pour 80 h/ha de désherbage manuel effectué ».(©Michel Blossier)

Malgré le contexte de l’année inédit, Romain Lhopiteau ne note pas d’importantes attaques de pucerons. Selon lui, « un équilibre se créé en agriculture biologique. On bénéficie de la présence de beaucoup d’auxiliaires de cultures, notamment grâce à un assolement diversifié, aux bandes enherbées, etc. » Cela reste toutefois un souci pour de nombreux planteurs, les équipes Tereos testent notamment différents produits de biocontrôle afin de « mieux contourner les populations ».

À lire : Le désarroi des producteurs face à une pression pucerons inédite

Tereos agrandit sa gamme de produits bio

Tereos travaille également au développement de la gamme avec le conditionnement d’une gamme B2C sur le site d’Artenay (Loiret). Un essai de production d’alcool bio est également prévu. L’usine d’Artenay est ainsi envisagée comme 2e site potentiel pour la transformation des betteraves bio. Dans une stratégie toujours de diversification du groupe, « une campagne pilote de luzerne C2 (arrivée en deuxième année de conversion bio) a ainsi été lancée en 2019. Trois coopérateurs, en conversion bio, ont mené une campagne test sur 60 ha pour une production de luzerne déshydratée de plus de 600 tonnes », ajoute Laura Loffler. En 2020, plus d’une dizaine de coopérateurs se sont inscrits dans cette démarche avec près de 100 ha de luzerne bio cultivés. En parallèle, le groupe déploie également sa gamme de protéines végétales de la marque Epi&Co, avec une version désormais certifiée bio.

« En diversifiant notre offre, l’objectif est de répondre à la demande croissante des consommateurs et donc de nos clients industriels en produits biologiques mais aussi aux attentes exprimées par certains de nos coopérateurs convertis en bio », conclut Laura Loffler