Que Choisir dénonce des marges trop élevées sur les fruits et légumes bio dans les supermarchés
AFP le 28/05/2026 à 08:15
La marge pratiquée par les supermarchés sur les fruits et légumes bio est « en moyenne 81 % plus élevée » que pour le non bio, au détriment des consommateurs et agriculteurs, déplore mercredi Que Choisir Ensemble (ex-UFC Que Choisir) dans une étude contestée par les distributeurs.
La semaine dernière, une commission d’enquête sénatoriale dénonçait dans un rapport, fermement critiqué par les enseignes, « les marges élevées pratiquées sur les aliments sains pour compenser les prix artificiellement bas des produits d’appel ultra-transformés », rappelle l’association de consommateurs dans un communiqué. Or « ce mécanisme de péréquation renchérit considérablement le prix des fruits et légumes bio », affirme-t-elle.
A partir de « données officielles du Réseau des Nouvelles des Marchés (RNM), placé sous tutelle du ministère de l’agriculture », Que Choisir s’est penché sur un panier de « 24 fruits et légumes » en comparant les prix en grande surface « du conventionnel (non bio, NDLR) et du bio sur l’ensemble de l’année 2025 ».
Pour calculer la « marge brute » des supermarchés sur ces produits, elle a retranché le prix agricole « payé par les distributeurs aux agriculteurs » – plus élevé dans le bio en raison de rendements inférieurs -, du prix payé par les consommateurs (hors TVA).
Résultat, cette marge s’avère en moyenne « 81 % plus élevée » pour le bio, un chiffre dans la lignée de précédentes enquêtes de l’association qui dénonce « une pratique structurelle et délibérée ».
Pour la tomate bio, par exemple, « le prix agricole n’est que 44 % plus élevé qu’en conventionnel, mais la marge de la distribution est 113 % plus élevée », selon Que Choisir, qui appelle les enseignes à « modifier » leur « politique de tarification en faveur des produits les plus sains ».
Mais pour la Fédération du secteur (FCD), « toutes les données disponibles et publiques montrent qu’il n’existe pas de « surmarge » de la grande distribution sur les produits bio par rapport aux produits conventionnels », selon une déclaration de sa directrice des études, Isabelle Senand, transmise à l’AFP.
Les travaux de l’OFPM (Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires), notamment, « confirment des niveaux de marge brute comparables, et parfois inférieurs, à ceux observés sur le conventionnel ou dans les circuits spécialisés », ajoute-t-elle.
« Les prix plus élevés en bio reflètent avant tout des coûts de production, de logistique et de conservation plus importants », insiste Mme Senand, appelant aussi à distinguer marge brute et marge nette.