Bien-être animal

Le « broyage des poussins » devrait être interdit fin 2021


AFP le 30/10/2019 à 14:35

L'élimination des poussins mâles par broyage dans les élevages industriels devrait être interdite à la fin 2021, a indiqué mercredi le ministre de l'agriculture Didier Guillaume, en promettant d'autres mesures de bien-être animal « dans les semaines qui viennent ».

« Nous avons annoncé la semaine dernière avec ma collègue, ministre de l’agriculture allemande, qu’on allait arrêter le broyage des poussins qui aujourd’hui n’est plus supportable. On a dit fin d’année 2021. Si on le fait tout de suite, qu’est ce qui se passe ? Il n’y a a plus d’œufs », a déclaré le ministre au micro de France Inter, en réponse à une question sur la pression des associations pour obtenir des mesures immédiates sur le bien-être animal. Dans le cadre de la production industrialisée d’œufs, les poussins éclosent dans des couvoirs, dont les propriétaires vendent ensuite les futures poules pondeuses aux éleveurs. Après éclosion, les poussins mâles sont immédiatement tués, la filière jugeant qu’ils n’est pas rentable de les nourrir, au contraire des femelles appelées à devenir des poules pondeuses. Cette pratique, critiquée par les défenseurs des animaux, est pour l’instant jugée incontournable par l’industrie avicole pour des raisons économiques, sa légalité venant d’être confirmée en Allemagne.

Selon Didier Guillaume, qui a reçu mardi soir plusieurs associations dites « welfaristes » -se préoccupant du bien-être animal sans être opposées à l’élevage- d’autres mesures vont être annoncées. « Les mesures qui vont être prises par le gouvernement sont des mesures très fortes » a-t-il dit, sans les dévoiler ni leur calendrier de mise en œuvre. « Je ne donne pas les dates, car je les négocie avec les éleveurs » a-t-il précisé en évoquant néanmoins « novembre ou décembre ». Il en a évoqué une : l’arrêt probable de la castration à vif des porcelets, dénoncée récemment dans des vidéos d’une association. « Dans les mois qui viennent, cela va être terminé tout cela », a dit le ministre. « Mais cela ne peut pas se faire contre la profession » qui doit adapter ses modes de production pour garder son efficacité et sa rentabilité si elle veut survivre. « Il faut à la fois tenir le temps de l’agriculture et le temps de la société. Il y a le temps de la nature, de l’élevage, et le temps de société et des 170 signes sur Twitter » a-t-il dit en dénonçant une fois de plus « l’agribashing » dont les agriculteurs se jugent victimes, notamment sur les réseaux sociaux.

Lire aussi : « Recréer du lien est essentiel, la distance est le terreau de l’agribashing »