Fermes « bas-carbone »

391 élevages labellisés et une méthodologie « grandes cultures » en cours


TNC le 23/02/2020 à 18:56
Elisabeth Borne, ministre de la transition écologique, sur le stand de l'interprofession laitière pour faire le point sur la labellisation bas-carbone des exploitations agricoles. (©TNC)

Elisabeth Borne, ministre de la transition écologique, sur le stand de l'interprofession laitière pour faire le point sur la labellisation bas-carbone des exploitations agricoles. (©TNC)

Lors de sa visite au salon de l’agriculture, Elisabeth Borne, la ministre de la transition écologique, a indiqué que près de 400 éleveurs laitiers étaient d’ores et déjà labellisés « bas-carbone », leur permettant ainsi de vendre des crédits carbone après avoir réduit leurs émissions de gaz à effet de serre. La démarche de labellisation « bas-carbone » est aussi en cours pour le secteur des grandes cultures dans lequel « réside un des plus forts potentiels de stockage de carbone en France ».

La labellisation des exploitations agricoles pour leurs efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre se concrétise. Elisabeth Borne, la ministre de la transition écologique, a annoncé que près de 400 éleveurs laitiers ont été labellisés « bas carbone ». Avec cette labellisation baptisée Carbon’Agri pour les exploitations d’élevage, ces dernières peuvent désormais vendre des crédits carbone à des entreprises souhaitant compenser leurs propres émissions.

Pour tout comprendre de la labellisation bas carbone : Le gouvernement lance le label bas-carbone

Ce sont exactement 391 éleveurs qui vont pouvoir dès cette année proposer leurs crédits carbone, selon la ministre, qui a clamé son souhait d’« inscrire l’agriculture dans un modèle plus agro-écologique et donner plus de revenu aux agriculteurs », lors d’une allocution sur le stand de l’interprofession laitière, au salon de l’agriculture dimanche 23 février.

Sur ces 391 exploitations, le potentiel de réduction est de 71 000 tonnes de CO2.

Pour un élevage de 100 bêtes labellisé et engagé à réduire de 20 % ses émissions de GES sur cinq ans, la rémunération tirée de la vente de crédits carbone pourrait avoisiner 6 000 €, selon la ministre.

À lire : Reportage chez Jean-Marc Burette, éleveur (62) : « Moins d’émissions de GES, plus de revenu »

Une méthode approuvée en élevage, une autre en cours d’élaboration en grandes cultures

Si la démarche est désormais opérationnelle en filières d’élevage avec la méthode Carbon’Agri, l’Inrae confirme que c’est dans le secteur des grandes cultures que réside un des plus forts potentiels de stockage de carbone en France.  Et, pour ce secteur, le travail reste à faire.

L’AGPB, l’AGPM, la Fop et des instituts techniques (Arvalis-Institut du végétal, Terres inovia, l’ITB et l’ARTB), se sont engagés fin 2019 en vue d’élaborer une méthode spécifique « grandes cultures » conforme au label bas-carbone avec pour objectif de la déposer pour labellisation d’ici l’été 2020.

L’AGPM a notamment l’ambition de générer 1 million de tonnes de crédits carbone à l’horizon 2025 si la méthodologie grandes cultures et la rémunération le permettent.

D’autres projets sont par ailleurs en cours, notamment dans la région Grand Est, ou le projet CarbonThink vise le financement de la transition bas-carbone des exploitations de la région. Concrètement, une centaine de fermes du Grand Est seront sélectionnées pour participer à l’initiative et adapter leurs pratiques agricoles courant 2020. Ce projet expérimental vise aussi à « développer des outils numériques nécessaires au déploiement des projets agricoles labellisés ».

En régions Pays-de-la-Loire et en Bretagne, le projet Carbocage prend forme également. Une méthode assurant l’évaluation du stockage additionnel de carbone par les haies lorsqu’elles sont bien entretenues est actuellement en cours de rédaction. L’objectif est de créer un marché local du carbone, avec des agriculteurs vendeurs de crédits carbone et des entreprises locales acheteuses en vue de compenser leurs émissions.

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