[Alimentation des vaches laitières]

VL, tourteau, céréales fermières : quel concentré choisir ?


TNC le 31/01/2019 à 14:43
Comment s'y retrouver en matière de concentrés alors que l'offre reste large et que certains aliments promettent des merveilles ? Ne faut-il pas plutôt rester sur un mélange de céréales fermières ? (©TNC)

Comment s'y retrouver en matière de concentrés alors que l'offre reste large et que certains aliments promettent des merveilles ? Ne faut-il pas plutôt rester sur un mélange de céréales fermières ? (©TNC)

Tourteau de colza ou de soja, céréales, aliments du commerce : comment s'y retrouver pour complémenter le troupeau à un prix raisonnable ? Les conseillers des chambres d'agriculture de Bretagne évoquent les différentes possibilités et vous aide à choisir le concentré le mieux adapté.

Les chambres d’agriculture de Bretagne font le point sur l’alimentation des vaches laitières dans un guide co-rédigé avec l’Idele. Sous la forme d’un vrai/faux, il répond aux questions pratiques des éleveurs et montre que certaines affirmations ne sont pas toujours justes. Pour ce qui est des concentrés, ils passent en revue les différentes possibilités : tourteau, VL, céréales fermières.

« 1 kg de VL permet de produire 3 litres de lait » : FAUX !

Les spécialistes de la nutrition rappellent : « Quel que soit l’aliment de production, en moyenne c’est au mieux 0,9 kg de lait produit par kg de concentré distribué, et ceci à condition que la ration soit équilibrée en azote et en énergie. »

« Les concentrés à base de céréales fermières sont aussi performants que ceux du commerce plus riches en cellulose » : VRAI !

Les essais de l’Idele le confirment : à quantités de concentré identiques (pour une ration à base d’ensilage de maïs), on ne remarque aucune différence sur la production laitière et sur les taux entre les deux types de concentrés (dans l’étude, il s’agit de blé et de concentré du commerce contenant de la pulpe).

« Le blé est meilleur pour le TP » : VRAI !

« Le blé est meilleur pour le TP, le maïs grain est meilleur pour le lait. » Attention cependant à ne pas dépasser 3 kg de blé grossièrement broyé ou aplati par repas pour un bon fonctionnement du rumen.

« Les vaches ne font pas de différence entre des graines aplaties ou broyées » : VRAI !

On le sait, les céréales et protéagineux ne peuvent pas être utilisés entiers pour les vaches laitières car ils sont mal valorisés même s’ils sont préalablement trempés. En revanche, selon les conseillers de la chambre de Bretagne, il n’y a pas de différence entre aplatissage et broyage si ce dernier est suffisamment grossier, soit 50 % des particules inférieures à 1 mm.

« Le tourteau de colza n’est pas bien consommé par les vaches » : FAUX !

Une question qui taraude les éleveurs entrant dans une filière non OGM ! Les experts y répondent alors : « La substitution d’1 kg de tourteau de soja 48 par 1,5 kg de tourteau de colza améliore l’ingestion (+ 1 kg de MS), la production laitière (+ 0,6 kg de lait), le TP (+ 0,3 g/kg), mais détériore le TB (- 1,2 g/kg). Son utilisation est économiquement intéressante s’il est acheté à moins de 70 % du prix du tourteau de soja en l’absence de quota matière grasse et 80 % en présence de quota matière grasse. »

« Je peux me passer de correcteur azoté » : VRAI !

Les éleveurs pâtureurs le savent bien : s’il y a plus de 50 % d’herbe pâturée dans la ration, l’équilibre azoté est atteint.

« Produire des laits riches en oméga-3 coûte cher » : FAUX !

Encore une fois, l’herbe est la réponse à cette question. Les conseillers expliquent : « Il est possible de produire un lait riche en oméga-3 à un coût raisonnable en le produisant à partir d’herbe pâturée ou de tourteau de colza. L’herbe jeune en particulier est la meilleure source d’oméga-3. Les aliments à base de lin ou la luzerne déshydratée sont des solutions plus coûteuses et doivent se raisonner dans le cadre d’un cahier des charges apportant une rémunération supplémentaire. »

>> Demandez votre guide technique auprès des chambres d’agriculture de Bretagne : Alimentation des vaches laitières : et si on faisait le point