Filière Beaufort

Un parrainage spécifique pour accueillir les nouveaux producteurs


TNC le 17/06/2022 à 11:06
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C'est la saison 2 de Tranches de Vie, la web-série diffusée sur Youtube depuis l'hiver 2020-2021 par le Syndicat de défense du Beaufort, dans l'objectif de promouvoir cette production. Dans ce 3e épisode, rendez-vous dans deux exploitations productrices, à Hauteluce dans le Beaufortain et à Navette dans la Tarentaise. Les éleveurs de la première sont les "parrains" de ceux de la seconde, leurs "filleuls" donc. Un système de parrainage spécifique à la filière, à l'image de celui pratiqué à l'échelle nationale par les chambres d'agriculture pour les porteurs de projets agricoles hors cadre familial.

Alexandrine et Cyril Bastie n’étaient en effet ni de la région ni du monde agricole. Après un burn-out, cette aide-soignante décide avec son mari, menuisier, de changer de vie et de quitter les Ardennes pour la Savoie et l’élevage de Tarines. « En regardant un reportage au journal télévisé sur des producteurs de Beaufort, on s’est dit pourquoi pas nous », se souvient-elle.

Mais pas si simple quand on est Nima (non issu du milieu agricole) de devenir éleveur, qui plus est en zone de montagne. Mais la filière Beaufort dispose d’un système de parrainage pour les nouveaux entrants. Pendant six mois, le couple visite des fermes qui recherchent des repreneurs. Et rencontre Bruno Grataloup, avec lequel il s’associe au sein du Gaec du Cret Coquet pour élever 65 vaches.

« Aider les nouveaux producteurs,
sans cacher les joies ni les difficultés »

Alexandrine et Cyril participent aussi à plusieurs journées avec des producteurs et productrices déjà installés, dans des élevages, des ateliers de transformation à la ferme, des coopératives, en alpage, à la Maison du Beaufort. Ceci pour pouvoir « appréhender le système coopératif, le cahier des charges et les contraintes de l’AOP Beaufort, au niveau des pratiques d’élevage et de la fabrication fromagère, ainsi que la valorisation de la production et le fonctionnement global de la filière », précise le Syndicat de défense du Beaufort.

Mais surtout ils ont bénéficié de « l’expérience, du savoir-faire, des conseils et astuces » de leurs parrains du Gaec Bidon d’Lait : Sandrine Maillet Contoz et Renaud Bugand Bugandet qui, lui, « est né ici et a repris l’exploitation familiale ». « J’ai envie d’aider les nouveaux éleveurs qui s’installent », explique-t-il. « Sans rien leur cacher des joies et des difficultés au quotidien », insiste le syndicat. Un parrainage auquel le projet du couple ardennais, installé depuis maintenant six ans, doit une part de sa réussite.

Mais le dispositif n’est pas qu’enrichissant et formateur pour les « filleuls ». « Nos histoires et nos structures sont différentes. Ici, par exemple, on est 100 % en race abondance. Le parrainage nous a permis de croiser nos façons de travailler et d’apprendre plein de choses ! », confirme Sandrine. D’ailleurs, pour favoriser les échanges et les confrontations d’idées et de points de vue, les parrains et filleuls ne doivent pas être situés dans la même vallée de production de Beaufort (Beaufortain/Val d’Arly, Tarentaise, Maurienne).