Chine

Quel sera l’impact du coronavirus sur le marché des produits laitiers ?


TNC le 17/02/2020 à 10:02
Le coronavirus pourrait perturber le transport du lait des fermes aux laiteries en Chine (©TNC)

Le coronavirus pourrait perturber le transport du lait des fermes aux laiteries en Chine (©TNC)

La propagation du coronavirus pourrait impacter le marché des produits laitiers. L'acheminement du lait aux usines est perturbé en Chine, et le pays pourrait être contraint d'augmenter ses importations pour assurer un approvisionnement fiable jusqu'aux usines, selon Nate Donnay, directeur du marché des produits laitiers chez INTL FCStone. Mais pour le moment, les échanges commerciaux sont bloqués, et les prix montrent des signes de faiblesse.

La production chinoise de lait devrait atteindre 33 millions de tonnes en 2019, soit une augmentation de 2,3 % comparé à l’année précédente, indiquait l’USDA dans son dernier rapport semestriel sur les produits laitiers en Chine. La hausse des bénéfices réalisés par les producteurs laitiers a stimulé la production de lait. Cette hausse des bénéfices vient principalement de la modernisation de l’industrie laitière chinoise, avec des fermes à grande échelle qui présentent une rentabilité accrue. La Chine suit la tendance générale à la concentration des exploitations.

Néanmoins, la consommation de produits laitiers augmente de façon considérable dans le pays depuis plusieurs années, avec tout de même un léger ralentissement de la consommation de produits laitiers en 2019, qui s’est élevée à 43 millions de tonnes (+ 2,3 % par rapport à 2018, mais – 4 % par rapport à 2015). Malgré une production en hausse, la Chine ne parvient pas à satisfaire sa demande intérieure. Le pays n’a d’autre choix que d’augmenter ses importations de produits laitiers. Le pays importe de nombreux produits laitiers, tels que le lait liquide, la poudre de lait entier et la poudre de lait écrémé. De janvier à octobre 2019, les importations totales de lait de vache se sont élevées à 505 000 tonnes, à un prix moyen de 842 $/t. Les principaux exportateurs sont l’Allemagne, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, la Pologne et la France.

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Nate Donnay, directeur du marché des produits laitiers chez INTL FCStone (société de services financiers) a alerté à propos de la situation en Chine : « Je pensais à ces informations selon lesquelles les aliments pour animaux ne parviennent pas aux poulets dans le Hubei, et s’il y a un produit pour lequel un transport rapide est important, ce serait le lait cru. Si des zones sont en confinement, le lait ne parvient peut-être pas des fermes aux usines. Cela pourrait compenser la baisse de la demande intérieure ou entraîner une plus forte demande d’importation alors que les transformateurs cherchent un approvisionnement plus fiable ».

Les fermetures de routes impactent les chaînes d’approvisionnement 

Toutefois, le coronavirus se propage essentiellement dans le sud-est du pays, alors que la majeure partie de la production laitière est dans le nord et le nord-est du pays, selon le spécialiste. « Le seul endroit qui semble un peu préoccupant est Heilongjiang (à l’extrême nord-est), qui est la deuxième plus grande province productrice de lait (environ 15 % en 2018) », explique le spécialiste. 

Néanmoins, le coronavirus bloque pour le moment les flux commerciaux avec et à l’intérieur de la Chine. L’année dernière, l’empire du Milieu était le premier marché d’exportation des produits laitiers européens pour la poudre de lait écrémé. Pour la France, le pays se classait derrière l’Algérie. Un arrêt du commerce avec la Chine aura donc mécaniquement des répercutions sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement laitière d’Europe occidentale. Si la Chine cesse d’importer des produits laitiers, même ponctuellement, ils risquent d’inonder le marché.

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Quoiqu’il en soit, les prix du beurre, du lait écrémé en poudre et du lactosérum ont tous reculé sur les principaux marchés d’Europe occidentale au cours des dernières semaines, face aux craintes concernant le niveau de la demande chinoise à court terme et la robustesse des chaînes d’approvisionnement du pays, rapportait IEG Vu. Pour les exportateurs européens, l’autre problème vient du fait qu’un certain nombre de pays d’Asie du Sud-Est ont interdit les importations de produits alimentaires d’origine chinoise, par conséquent, une plus grande partie des produits chinois sont commercialisés sur le marché intérieur. 

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