Robot d'alimentation

Quel impact sur la production et le comportement des animaux ?


TNC le 06/10/2020 à 10:02
Si l'automatisation de l'alimentation permet de réaliser de sacrés gains de temps en élevage, le robot doit être convenablement réglé pour ne pas perturber le comportement du troupeau. (©TNC)

Si l'automatisation de l'alimentation permet de réaliser de sacrés gains de temps en élevage, le robot doit être convenablement réglé pour ne pas perturber le comportement du troupeau. (©TNC)

À passer 3, 4, 5 ou plus de fois devant le troupeau, le robot d'alimentation ne pourrait-il pas perturber les animaux ? Ou à l'inverse, solliciter davantage les vaches à l'auge, peut-il avoir un effet positif sur la production laitière ? Jean-Luc Menard de l'Idele revient sur ces aspects.

« Le robot permet d’adapter les rations aux besoins de chaque lot d’animaux, en particulier dans les grands troupeaux », explique Jean-Luc Menard de l’Institut de l’élevage dans un webinaire dédié à l’automatisation de l’alimentation. Autre avantage : on réduit nettement les refus. Mais côté troupeau, le robot a-t-il des impacts sur la production laitière et le comportement des animaux ?

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Peu d’effet sur la production laitière

Dans les cas où l’alimentation est déjà optimisée dans l’élevage avant la mise en place du robot, ce dernier n’a pas vraiment d’effet sur la production laitière. On parle ici par exemple du respect d’une place à l’auge par vache. « Dans les cas étudiés, les éleveurs soulèvent des effets sur le lait et les taux mais ce sont surtout des effets indirects de l’automatisation avec l’évolution des pratiques alimentation qui n’étaient pas forcément optimales du départ, comme la modification des rations, des quantités distribuées, et des surplus. Mais ces évolutions, et donc cet effet positif sur la production, peuvent se faire sans le robot d’alimentation. »

Dans les cas où le critère « 1 vaches = 1 place » ne peut être respecté, l’expert conseille d’ailleurs de partir sur une stratégie de plusieurs approvisionnements successifs, par exemple : des séries de 3 distributions à 30 minutes d’intervalle. « Les dominantes viennent à la première distribution, puis laissent la place aux dominées. »

Viser une fréquence de distribution à 6/j

En ce qui concerne le comportement des animaux, Jean-Luc Menard met en garde quant à la fréquence de distribution. Si on est en moyenne à 7,6 distributions/jour pour les élevages équipés, il ne faut pas monter plus haut au risque de perturber les temps de repos du troupeau (et donc la production dans les cas les plus extrêmes).

« Une étude réalisée par Agroscope en Suisse visant à tester différentes fréquences révèle que le temps de rumination et d’alimentation n’évolue pas qu’on soit à 1, 2, 6, 8, 10 ou 12 distributions par jour. En revanche, les vaches ont tendance à rester plutôt debout que coucher pour ruminer. » De plus, les temps de couchage longs (plus de 2h30) sont réduits dans les systèmes robot de traite + robot d’alimentation où la fréquence de distribution est trop importante (11 distri/j).

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« L’optimum semble se situer à 6 passages par jour. À ce niveau, pas d’effet sur le comportement du troupeau. De plus, avec 6 distributions, on limite la charge du robot, et donc son coût de fonctionnement notamment s’il s’agit d’un modèle suspendu sur rail. »

Retrouvez le replay de ce webinaire de l’Idele dédié au robot d’alimentation dans la vidéo ci-dessous :