Gaec Le Houx (35)

Passer de l’intensif à la bio grâce à l’autonomie protéique et le croisement


TNC le 29/05/2019 à 10:21

Passer d'un système "intensif" à une production laitière bio basée sur l'herbe ne se fait pas du jour au lendemain. Les associés au Gaec Le Houx en Ile-et-Vilaine (35) ont d'abord amélioré leur autonomie protéique grâce à la production de luzerne. Ils ont ensuite mis en place un croisement trois voies (Holstein x Jersiaise x Rouge Scandinave) et ont lancé leur conversion. Des changements importants qui ont forcément fait chuter la production et pourtant, « la rentabilité de l'exploitation s'est améliorée », explique Yoann Humbert.

C’est en Ille-et-Vilaine que Yoann Humbert s’est installé en 2011. « C’était un système conventionnel intensif, se souvient l’éleveur. Le troupeau était composé de Prim’holsteins à 9 500 litres de moyenne. Le maïs ensilage était la base de l’alimentation, équilibré avec un mélange soja/colza. »

De la luzerne pour plus d’autonomie protéique

Suite à des problèmes financiers liés à de mauvais résultats techniques, les deux associés ont voulu sécuriser leur système en recherchant plus d’autonomie protéique. En intégrant un groupe d’éleveurs afin d’échanger sur la mise en place de méteils et de cultures fourragères, ils ont modifié leur système pour mieux valoriser le pâturage et remplacer les méteils protéagineux du départ par de la luzerne.

« On a gagné en efficacité. La quantité de lait a certes baissé mais la rentabilité de l’exploitation s’est améliorée. » Cela fait maintenant un an que les vaches laitières n’ont plus reçu de concentrés ni de minéraux. « On est en total autonomie protéique sur les vaches laitières. La seule protéine qui vient de l’extérieur est à destination des veaux jusqu’à 6 mois. »

Du croisement et un passage en bio

Avec une production aussi haute, les taux laitiers étaient « catastrophiques » d’après les dires de l’éleveur. Le croisement s’est alors imposé pour améliorer ce critère mais aussi pour gagner en rusticité face à ce nouveau système plus pâturant. « La Jersiaise se présentait bien pour un premier croisement : elle a un petit gabarit et produit des taux. »

On a alors ajouté une 3e voie pour l’effet hétérosis avec la Rouge Scandinave qui ramène de la santé mamelle et du lait. » Cela fait maintenant 15 mois que le croisement a démarré, les premières génisses holstein x jersiaise vont être inséminées. « Depuis qu’on a commencé, on aperçoit une nette amélioration au niveau de la reproduction : les vêlages sont plus faciles et les vaches reviennent en chaleur rapidement. »

« Le bio est arrivé plus vite que prévu. » Passé à l’agriculture biologique en 2018, l’éleveur a confiance en la filière : « Si le prix du lait venait à baisser, les taux (grâce au croisement mis en place) devraient améliorer la paie de lait. »