Plan loup 2018-2023

Le futur plan quasi bouclé malgré le boycott des éleveurs


Élevages ovins et caprins le 12/12/2017 à 18:25

Les grandes lignes du futur plan loup 2018-2023, qui assume vouloir une présence durable du prédateur sur le territoire, ont été arrêtées lors d'une réunion mardi à Lyon en l'absence des éleveurs.

« Les dernières lignes du plan ont été arrêtées », rapporte à l’AFP Jean-David Abel, responsable du pôle biodiversité à France Nature Environnement. « On est assez proche de la finalisation même si chacun reste campé sur sa position », confirme Patrick Boffy, vice-président de Ferus, association de protection des loups, des ours et des lynx.

Lundi soir, les agriculteurs, toutes tendances confondues, avaient annoncé qu’ils boycotteraient la rencontre, refusant un plan qui, selon eux, ne leur donne pas les moyens de se défendre correctement contre le prédateur qui a tué près de 10.000 brebis en 2016.

Malgré ce nouveau boycott, le préfet du Rhône, coordinateur au niveau national de ces discussions, a maintenu la réunion et présenté aux associations de protection de l’environnement, qui avaient elles fait le déplacement, la dernière mouture d’un plan qui sera publié début février.

La philosophie de ce nouveau texte : construire une cohabitation efficace entre éleveurs et prédateur en garantissant la viabilité du loup sur le territoire.

A l’avenir, les éleveurs auront le droit de procéder à des tirs de défense en cas d’attaque de loup, mais les abattages sans attaque préalable (ou « tirs de prélèvement » dans le jargon) ne seront autorisés qu’après les estives, de septembre à décembre.

Pour 2018, le gouvernement fixe comme pour 2017 le nombre d’abattages maximal à 40 loups et à l’avenir, il souhaite une approche scientifique : il ne sera pas possible d’abattre plus de 10 % (12 % dans certaines conditions) de la population de loups, actuellement estimée à 360 individus sur le territoire français.

Autre mesure qui fâche les milieux agricoles : le fait de conditionner l’indemnisation à la mise en place de mesures de protection des troupeaux.

Le plan mise beaucoup sur la science avec des études prévues sur la place du loup dans les écosystèmes et sur l’éthologie pour mieux comprendre l’animal.