Marché des produits laitiers

En 2020, la filière laitière française était la plus compétitive du monde


TNC le 11/01/2022 à 16:52
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Le podium de la veille concurrentielle de FranceAgriMer pour les produits laitiers est inchangé par rapport à l'an dernier : la France devance la Nouvelle-Zélande et les Pays-Bas. L'Irlande est quatrième. (©Pixabay)

Forte de sa marge sur coût alimentaire, de son niveau de recherche reconnu et de son bon niveau d'exportations, la production laitière française arrive en tête de la veille concurrentielle réalisée par FranceAgriMer sur le marché mondial des produits laitiers au lait de vache pour l’année 2020. Sa compétitivité pâtit en revanche de pressions environnementales et sociétales croissantes et de charges de fonctionnement des élevages qui restent importantes.

En 2020, la France était encore première au classement d’une veille concurrentielle menée par FranceAgriMer sur le lait de vache. L’organisme  commande chaque année cette enquête à Agrex consulting, et a livré fin 2021 ses résultats pour l’année 2020.

Retrouvez l’intégralité de la veille concurrentielle pour 2020

C’est une démarche qui compare les facteurs de compétitivité de la filière laitière française avec douze autres grands producteurs et exportateurs à l’échelle mondiale : l’Allemagne, le Danemark, l’Irlande, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne, le Royaume-Uni, l’Argentine, l’Australie, le Brésil, les États-Unis et la Nouvelle-Zélande.

En 2020, ces 13 bassins laitiers totalisaient une production de presque 300 milliards de litres de lait, soit une hausse de 2 % par rapport à 2019, et assuraient 42 % de l’approvisionnement mondial en lait de vache.

Classement général et scores de la veille 2020 (©FranceAgriMer)

Principales forces et faiblesses

La veille concurrentielle liste les principales forces de la filière française : « une marge sur coût alimentaire confortable pour les producteurs », « un niveau de recherche largement reconnu », et « un dispositif de veille sanitaire efficace ». Le rapport met aussi en avant le « marché local mature et l’offre largement diversifiée », et des exportations de produits laitiers importantes.

Pour les faiblesses, citons les pressions environnementales et sociétales croissantes et une consommation de produits qui ne progresse plus. De plus, « si le taux d’endettement des éleveurs reste limité grâce à un prix du foncier maîtrisé, les charges de fonctionnement des élevages restent importantes ».

Quarante indicateurs de compétitivité

Plus en détails, la veille de FranceAgriMer repose sur 40 indicateurs de compétitivité, déclinés en sept axes d’analyse qui permettent de comparer les 13 pays.

Le premier axe de compétitivité concerne l’économie des pays étudiés, et la France n’arrive en 2020 qu’en onzième position, bien loin derrière le trio de tête (Argentine, Nouvelle-Zélande, Brésil). Elle est pénalisée par « la légère appréciation de l’euro par rapport au dollar » et son coût du travail parmi les plus élevés de l’UE.

Part de l’agroalimentaire dans les exportations de chaque pays en 2020 (en valeur) (©ITC, Un Comtrade)

Deux points forts de l’économie française sont relevés : sa performance logistique et son marché intérieur important (67 millions d’habitants) malgré la faible croissance démographique. 

Deuxième axe de compétitivité : la durabilité des ressources. Irlande, Danemark et Allemagne occupent le podium tandis que la France arrive cinquième grâce à son bon niveau en matière de défense et de veille sanitaire, et grâce au « prix des terres dans la moyenne basse des pays européens », en lien avec les contrôles de ventes par la Safer.

Le faible niveau de précipitations en 2020 joue par contre en sa défaveur car il a impacté la récolte en fourrage. Les pressions environnementales et sociétales croissantes aussi l’empêchent d’être plus compétitive sur cet axe.

Potentiel de production laitière : la France troisième

Le troisième axe évalue quant à lui le potentiel de production laitière. Là, la France talonne l’Irlande et la Nouvelle-Zélande et récolte la médaille de bronze, d’abord grâce à sa production laitière stable : 24 milliards de litres en 2020, ce qui en fait le deuxième producteur européen.

Autre avantage concurrentiel sur cet axe : la France conserve la meilleure marge des treize pays grâce au prix du lait le plus élevé (36,19 €/100 kg), un coût alimentaire dans la moyenne basse et un endettement en dessous de la moyenne européenne grâce à un prix modéré du foncier.

Marge réalisée entre le prix de vente et le coût alimentaire (€/100 kg) (©FranceAgriMer)

La veille note une faiblesse cependant : les taux butyreux et protéique du lait français sont moyens par rapport à ses concurrents.

L’axe 4 évalue l’organisation générale des filières. La France est là aussi dans le trio de tête, à la deuxième place entre la Nouvelle-Zélande et les Pays-Bas. Elle se distingue avec quatre entreprises laitières françaises parmi les vingt leaders mondiaux (Lactalis, 3e mondial, puis Danone, Soddial, et Savencia).

À cela s’ajoute un « niveau de recherche reconnu à l’international » et une forte présence à l’export », même si « le niveau d’exportation de produits laitiers est un peu en retrait par rapport aux trois leader » : Nouvelle-Zélande, Irlande et Allemagne.

L’axe suivant se concentre sur la maîtrise technique et l’offre. La France arrive encore seconde, derrière l’Italie et devant Pays-Bas. Elle s’appuie sur « une collecte relativement stable sur la campagne de production (entre 1 800 et 2 300 millions de litres par mois), et sur un « marché de consommation mature et diversifié » avec un niveau de consommation par habitant très élevé (fromages, spécialités laitières).

Un bon niveau d’exportation de produits laitiers

Le sixième axe, « portefeuille des marchés », évalue la capacité des filières nationales à être présentes sur les marchés internationaux. La France arrive ici au pied du podium, après la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas et l’Allemagne. Elle « profite d’un bon niveau d’exportation de produits laitiers et d’une balance commerciale largement excédentaire de 3,9 milliards de dollars ».

La diversité de ses partenaires commerciaux (71 marchés de plus de 10 millions de dollars en tout) l’avantage aussi à l’international. Mais la forte concentration de ses clients au sein de l’UE (60 %) « peut jouer en sa défaveur, dans la mesure où la filière française est peu présente sur les autres zones porteuses ».

Le septième axe se focalise sur la capacité des filières à conquérir les marchés étrangers, et là c’est la France qui mène la danse, suivie par la Nouvelle-Zélande et le Danemark. Les entreprises françaises Lactalis, Sodiaal et Danone sont de fait très présentes à l’étranger sur des zones porteuses, et la France bénéficie aussi des « nombreux accords de libre-échange conclus entre l’UE et les zones porteuses ».

Diversité des implantations industrielles à l’étranger en 2020 (©FranceAgriMer)

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