Lait et viande

Des perspectives encourageantes pour le second semestre


TNC le 09/06/2021 à 05:47
L'augmentation des cours des produits laitiers industriels et la diminution du cheptel bovin laisse espérer une hausse des prix du lait et de la viande. (©Pixabay)

L'augmentation des cours des produits laitiers industriels et la diminution du cheptel bovin laisse espérer une hausse des prix du lait et de la viande. (©Pixabay)

Bien que les deux marchés aient réagit différemment aux confinements successifs, une embellie du prix du lait comme de la viande bovine est probable pour le second semestre 2021. La progression des cours des produits laitiers industriels laisse espérer de meilleurs prix du prix du lait alors que la diminution du cheptel bovin européen a déjà un effet sur ceux de la viande. Des hausses bienvenues compte tenu de l’augmentation du prix des intrants.

La collecte laitière européenne a progresse de 1,7 % en 2020 par rapport à 2019, et ce malgré la diminution du cheptel européen. La production des grands producteurs traditionnels évolue peu, alors que L’Irlande, l’Italie ou l’Espagne profitent de la fin des quotas laitiers pour augmenter leur collecte. Malgré le coût élevé des intrants et un prix du lait assez peu attractif, l’Espagne est en phase de reconquête de son marché intérieur grâce à l’implantation de grands ateliers laitiers. L’Italie peut, quant à elle, compter sur la demande grandissante de fromages italiens à l’export.

Les confinements successifs ont mis à mal la filière bovin viande, la consommation à domicile n’ayant pas permis de compenser les volumes traités par la restauration hors foyer. « La consommation française de viande de bœuf a diminué de 3 % en 2020 par rapport à 2019 », explique Caroline Monniot, chef de projet conjoncture bovin viande à l’occasion d’un webinaire organisé par l’Institut de l’élevage. Cette tendance est plus forte encore dans les pays du sud de l’Europe, qui comptent sur le tourisme pour écouler une partie de leur marchandise, et consomment traditionnellement la viande de bœuf hors du foyer.

La consommation de lait moins impactée que la viande durant les confinements

« Si la crise du covid a entraîné une baisse du prix du lait au printemps 2020, la consommation européenne a augmenté par rapport à 2019 », souligne Gérard You, chef de projet conjoncture laitière à l’idele. Les ménages ont consommé les volumes traditionnellement réservés à la restauration hors foyer. L’augmentation de la production européenne a été majoritairement absorbée par le renforcement de la demande intérieure, et la diminution des stocks de poudres qui demeuraient élevés depuis la crise laitière de 2016.

La diminution de la consommation de bœuf en Europe a eu un effet direct sur les importations des pays tiers, qui ont diminué de 20 % par rapport à 2019. Les échanges intra-européens ont également subi les effets des confinements, la viande importée étant généralement destinée à la restauration. La forte demande asiatique, et les clusters dans les abattoirs d’Amérique du Nord ont permis à l’Europe de trouver un débouché à l’export, qui a progressé de 1 % sur cette même période. La relocalisation de la consommation n’a cependant pas eu d’impact sur les cotations des jeunes bovins compte tenu de la surcharge du marché.

Des prix à la hausse pour le second semestre

L’année 2021 a été marqué par un fort recul de la production de lait en France et en Allemagne du fait de l’augmentation du prix des intrants. La progression des cours des produits laitiers industriels, notamment du beurre et de la poudre de lait, donne l’espoir d’une amélioration du prix du lait dans les mois à venir. Si la hausse du prix des intrants est contenue, la production européenne pourrait augmenter, ce qui ouvrirait des perspectives à l’export.

Concernant la viande bovine, l’allègement du marché européen semble offrir des perspectives positives aux éleveurs, avec un recul de 2,2 % du nombre de mâles à l’engraissement par rapport à l’année précédente (qui représente une diminution de 112 000 têtes). Le marché de la vache O, qui avait beaucoup souffert de la fermeture des fast-foods, dépasse de près de 10 % son niveau de 2021. Cette évolution des prix souligne les changements des habitudes de consommation des Français, la vente à emporter valorisant mieux la viande hachée que les pièces de boucherie.