Construction

Comment réussir son projet bâtiment malgré la hausse des coûts


TNC le 25/10/2021 à 06:03

Le coût des bâtiments neufs ne cesse de s’envoler. Entre les modifications en cours de construction et la hausse des matières premières, la rigueur s’impose pour pouvoir concrétiser son projet de construction.

Élément clé pour les conditions de travail et le confort de son troupeau, un nouveau bâtiment est un projet d’ampleur, dont le coût aura un impact financier, lourd et long, sur l’économie de l’exploitation. D’autant plus dans la conjoncture actuelle de flambée du prix des matériaux. Une enquête(1) menée par la chambre d’agriculture de Bretagne et d’autres partenaires auprès de récents investisseurs montre que 39 % d’entre eux déplorent la pression financière que leur construction a induite.

Pour mener à bien son projet de construction, la rigueur s’impose à chaque étape. Pour dimensionner et équiper au mieux le bâtiment dans lequel vous allez travailler de nombreuses années, il faut commencer par définir vos objectifs personnels, vos projets pour votre exploitation, d’échanger avec vos associés, sur le court et le long terme.

Anticiper les futures obligations…

« Quand on construit, c‘est pour longtemps. Il faut projeter les évolutions de son exploitation, au niveau technique comme de la main d’œuvre, conseille Sébastien Guiocheau, chargé d’études bâtiments bovins à la chambre d’agriculture de Bretagne. Dans la conception de son bâtiment, il faudra également anticiper les attentes sociétales. Par exemple, si l’accès à l’extérieur ou le pâturage devenaient une obligation, autant concevoir un bâtiment qui le permet, même, si aujourd’hui, ce n’est pas votre mode d’élevage. » C’est aussi le moment de visiter différents types de bâtiments.

Ses attentes définies, la première étape sera de bien dimensionner son projet en tenant compte de sa capacité d’investissement. Pour cela, il faudra faire des avant-projets en étudiant différentes solutions techniques et en validant leur faisabilité technique et réglementaire. Une fois trouvé le meilleur compromis, on le concrétisera par un plan précis et détaillé. Au-delà des aspects administratifs et du dépôt de permis de construire, ce plan servira de base pour demander des devis et ainsi obtenir un chiffrage précis et complet de son projet.

Une flambée des coûts

Sous le double effet d’une technicité plus importante des projets et de la hausse des matières premières, « le coût des constructions a augmenté de 25 % en 8 ans, chiffre Sébastien Guiocheau. Pour une stabulation, en intégrant le stockage des déjections et la salle de traite, la place revient en moyenne à 7 500 €, avec des durées d’emprunt qui approchent les 20 ans. » Pour ne rien arranger, depuis un an, le prix des matériaux de construction s’emballe. Le bois a pris entre 50 et 150 % selon les pièces. Heureusement, il semblerait que cette hausse s’essouffle et que le cours pourrait même redescendre un peu.

7 500 €/place et des délais qui s’allongent.

Pour certains produits, comme les panneaux sandwichs, qui sont des denrées rares, les délais de livraison s’allongent alors que les durées de validité des devis sont réduites. « À bâtiment équivalent, l’enveloppe globale a augmenté d’au minimum 15 % sur un an, prévient le spécialiste en bâtiment. Il semblerait qu’on en ait au moins jusqu’à mi 2022 avec des tensions d’approvisionnement. Même si après la situation s’améliore, les prix ne redescendront vraisemblablement pas au niveau de 2019. »

Dans ce contexte, contenir le coût de construction demandera encore plus de rigueur. « En plus de plans précis pour avoir des devis exhaustifs, il faudra se garder une marge de sécurité dans son plan de financement, recommande Sébastien Guiocheau. Entre les hausses et ce qui n’avait pas été prévu, beaucoup d’éleveurs nous disent qu’au final, leur bâtiment leur a coûté de 20 à 30 % de plus que ce qu’ils avaient chiffré sur leurs devis. »

Limiter les coûts

Pour contenir les coûts, la construction peut être envisagée dans une approche plus économe : moins de bardage, réutilisation au maximum de l’existant, construction par étapes…

Toujours dans cette optique de maitriser les coûts, le recours à un conseiller bâtiment, véritable maître d’œuvre, est un gage de rigueur. Il pourra prolonger sa mission au-delà de l’élaboration des plans pour suivre le chantier, gérer le planning et la coordination entre entreprises. « Certes, cela a un coût mais déléguer le suivi de chantier permet un gain de temps, des économies en évitant d’avoir à refaire des choses, d’en voir d’autres s’ajouter, autant de choses qui gonflent la facture finale, explique Sébastien Guiocheau. Toutes ces économies permettent un réel retour sur investissement. »

(1) : étude financée par le Cniel, avec pour partenaires Idele, APCA, GIE élevages de Bretagne, BTPL, GDS France, MSA, Isa Lille, Allice.