Veaux allaitants

Avancer ou reculer l’âge au sevrage en fonction de la ressource fourragère


TNC le 17/02/2020 à 14:37
Avancer ou reculer l'âge au sevrage des veaux permet d'ajuster les besoins du troupeau à la production fourragère. (©TNC)

Avancer ou reculer l'âge au sevrage des veaux permet d'ajuster les besoins du troupeau à la production fourragère. (©TNC)

Afin de caler au mieux les besoins du troupeau sur l'offre de fourrage, il est possible de jouer sur l'âge au sevrage des veaux. L'avancer et faire partir les veaux plus tôt permet aux naisseurs d'économiser du stock. À l'inverse, le retarder permet de profiter de la pousse de l'herbe, notamment au printemps, pour économiser de l'aliment sur la phase d'engraissement ensuite.

L’âge au sevrage des veaux dépend de plusieurs facteurs : le potentiel laitier de la mère, la période de vêlages, les ressources alimentaires, la place en bâtiment, mais également la demande des marchés. En fonction du système (naisseur ou naisseur-engraisseur) et de la stratégie de l’éleveur, il pourra être amené à avancer l’âge au sevrage ou au contraire le rallonger. Les experts de l’Institut de l’élevage se sont penchés sur le sujet.

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Sevrer les veaux de façon précoce en période de déficit herbager

Pour les naisseurs, il est possible de sevrer les veaux plus précocement pour économiser du fourrage en période tendue. Cela se pratique notamment sur les races peu laitières comme la Blonde d’Aquitaine. Plus la mère sera productive en lait, plus le besoin en complémentation du veau sera faible. Sachant qu’un veau consomme en moyenne 6 kg de MS d’herbe/j à 7 mois, il peut être intéressant de sevrer plus tôt.

Les veaux nés en hiver peuvent se passer de concentrés. (©Autosysel)

Attention cependant, qui dit faire partir les veaux plus tôt dit aussi un prix qui peut être revu à la baisse si l’offre ne correspond pas à la demande en cours des marchés.

Si la complémentation fourragère du veau permet de compenser un défaut de production laitière de la mère, il faut prioriser l’alimentation des mères afin de maximiser leur potentiel laitier et pour une croissance économique du veau. Cela doit même être un objectif de sélection.

Sevrer plus tard pour profiter de la pousse de l’herbe et faire de la croissance économique

Pour faire baisser le coût alimentaire de la finition, il est possible de retarder le sevrage en laissant le veau au pis plus longtemps. Les essais menés à la ferme expérimentale des Etablières (85) le prouvent : les résultats sont comparables dans le cadre d’un vêlage d’automne entre un sevrage à 6,5 mois et 9 mois (même poids à l’abattage, même âge, même classement carcasse).

Les consommations sont néanmoins différentes : il faut offrir 22 ares d’herbe par couple mère/veau au printemps pour un sevrage tardif contre 2,5 mois de place en bâtiment et 0,5 T d’aliments en plus par JB sevré précocement. 

Retarder le sevrage des veaux permet d’économiser de l’aliment en phase d’engraissement. (©Autosysel)

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