Sortir et faucher suffisamment tôt pour assurer la saison d’herbe


TNC le 21/04/2026 à 05:18
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Le pâturage de printemps nécessite quelques réglages pour ne pas se faire dépasser. (© TNC)

Vos vaches sont déjà sorties ou elles vont bientôt retrouver leurs prairies ? Hauteur d’entrée et de sortie, chargement des parcelles, fauches… On fait le point avec Francis Bougarel de la chambre d’agriculture de l’Allier.

« Dans l’Allier, 2026 fait partie des années les plus précoces qu’on ait jamais vu. Grâce à un hiver doux le démarrage en végétation et l’évolution des stades s’est fait très rapidement, même si des gelées ont considérablement tout ralenti » explique Francis Bougarel conseiller élevage et fourrage à la chambre d’agriculture de l’Allier. Avec trois collègues, il participe à la rédaction hebdomadaire du bulletin info prairie où est abordé la question de la pousse hétérogène de l’herbe : « Ça va de 35 à 60 kg de MS/ha/jour en ce moment dans notre secteur. »

Un chargement de 50 ares/UGB au printemps

« Les premières vaches sont sorties il y a un peu plus de 3 semaines chez nous, lorsqu’on a atteint les 300 degrés jours (en base 1er février) », explique l’expert. L’objectif, c’est d’avoir fait paturer toutes les parcelles aux 650-700 degrés jours. « Il faut avoir fini le premier tour assez tôt pour obtenir des repousses feuillues. L’idée c’est faire une mise à l’herbe progressive en constituant ses lots petit à petit. Certains éleveurs commencent de sortir les animaux trop tard et c’est dommage car certaines parcelles vont monter en épis, ce qui générera des refus au passage des vaches avec une herbe de moindre qualité. Il y aura certes du volume, donc de l’encombrement, mais les performances seront moins bonnes. »

Le déprimage ne se pratique plus beaucoup.

Au printemps, dans l’Allier, le chargement doit être de 50 ares/UGB pour ne rien gaspiller, mais aussi pour ne pas se faire dépasser. « On peut sortir dès 6-8 cm de hauteur d’herbe. Ensuite, on s’adapte au potentiel des parcelles en chargeant progressivement les lots. L’essentiel c’est de retirer les animaux de la prairie à maximum 5 cm de hauteur pour ne pas pénaliser le tour suivant. Si besoin, on tourne un peu plus vite. » Parle-t-on encore de déprimage ? Le conseiller répond : « Il doit s’arrêter avant les 500 degrés jours, car l’épi ne doit pas être mangé sinon on pénalise le rendement. C’est pour ça qu’il n’y a plus grand monde qui le pratiquent : souvent il s’arrêtait trop tard et c’était préjudiciable pour la suite. Mais pour ceux qui y sont attachés, il faut retenir comme chargement 1 UGB/ha, comme en plein été, pendant 7 à 10 jours. » 

Tourner sur 5 parcelles minimum

Après le premier tour de pâturage il faut faire le point : « On regarde jusqu’où nos prairies vont nous mener et si on peut débrayer. En revanche attention, ça se fait seulement si on est en pâturage tournant sur 4 parcelles minimum, 5 c’est mieux pour ne pas pâturer trop ras la dernière parcelle à la fin du tour. »

Par ailleurs, s’il est principalement question de la hauteur de sortie des parcelles, Francis Bougarel revient sur la hauteur d’entrée : « Faire rentrer des animaux sur une parcelle à plus de 15 cm de hauteur, c’est risquer le gaspillage. Autant la sortir du cycle pour la faucher si possible. Cela permettra aussi de décaler la repousse pour ne pas se faire dépasser. »

Faucher au stade début épiaison

« 50 % de la surface en herbe doit être dédiée à la fauche de première coupe » recommande le technicien. Pour les fauches précoces (ensilage et enrubannage), « il faut viser le stade début épiaison pour les graminées (bourgeonnement des légumineuses). On peut viser 12-14 % de MAT mais au-delà de ce stade, la qualité chute rapidement. Si on attend une semaine parce que les rendements sont un peu justes sur pieds, on avance d’un stade et on perd vite 1 point de MAT. D’ailleurs, en reculant les fauches, on pénalise les repousses pour la deuxième coupe ou pour l’intégration de la parcelle en pâturage. »