Les pêcheurs mobilisés en Méditerranée, « un ras-le-bol général »


AFP le 14/09/2026 à 11:45

Les pêcheurs de Méditerranée se mobilisent lundi, évoquant « un ras-le-bol général » face aux nouvelles hausses du prix du carburant et à la « dégradation continue » de leurs conditions de travail.

Les comités régionaux des pêches d’Occitanie, de Paca et de Corse, les trois organisations de producteurs (OP) de Méditerranée, et des syndicats de marins (salariés et patronaux) annoncent un mouvement commun qui « se poursuivra tant que des réponses concrètes n’auront pas été apportées aux principales revendications de la profession », selon leur communiqué. Le président du comité Occitanie, Bernard Perez, a prévu une manifestation devant les Affaires maritimes à Sète (Hérault) lundi après-midi.

Une vingtaine de bateaux de pêche venus notamment de Banyuls-sur-mer, Argeles-Saint-Cyprien et du Barcarès bloquait aussi lundi matin le port de Port-Vendres dans les Pyrénées-Orientales, selon Manu Martinez, vice-président comité local pêche de l’Aude et des PO et pêcheur à Port-Vendres. Il pointe le gazole, qui « représente les trois quarts des frais qu’on peut avoir sur une journée de pêche » quand avant « c’était 30% », la guerre au Moyen-Orient ayant entraîné ces derniers mois une hausse des prix du carburant.

« Les prix exponentiels du carburant » rendent « l’équation financière difficilement tenable » – malgré les aides du gouvernement à la filière, reconduites pour septembre et octobre – abonde Christine Poncharreau, présidente du Comité régional des pêcheurs maritimes de Paca, dont une délégation a rejoint Sète pour ce premier jour de mobilisation. Le gazole pêche détaxé est aujourd’hui à 1,20 euro le litre dans la région, selon elle.

C’est « un tout », un « ras-le-bol général », a-t-elle expliqué à l’AFP. « On est victime d’une surcharge administrative, on sait que le règlement West Med (qui encadre le chalutage, NDLR) va être de plus en plus restrictif, les jeunes ne veulent plus s’installer, les plus âgés partent à la retraite, donc on subit une diminution sans précédent de notre flotte », a-t-elle détaillé.

La France est le deuxième producteur européen de produits de la pêche, derrière l’Espagne, avec 477 000 tonnes de poissons et crustacés pêchés en 2024, quasi stable (+ 1 %) par rapport à 2023, selon les données du gouvernement.