« Grâce à la Cuma, nos charges de mécanisation ne sont que de 12,5 % »
TNC le 20/07/2026 à 05:00
Dans le cadre de notre série « Matériel, charges, prix… Les agris parlent machinisme », retrouvons le témoignage de Mickaël Poiron, 40 ans, installé depuis 2013 à Saint-Hilaire de Clisson (44), en polyculture-élevage (260 ha, bovin viande et porcin).
« Sur notre Gaec, nous n’avons que le matériel nécessaire à l’élevage porcin et bovin. Il se compose donc d’un télescopique, de deux tracteurs, deux désileuses et d’un pulvérisateur.
Pour tout le reste, c’est un choix historique et stratégique : nous passons par la Cuma. Cela nous permet de mutualiser les coûts, d’être beaucoup moins cher qu’en achetant seuls et surtout d’accéder à du matériel performant qu’on ne pourrait pas se permettre individuellement. Grâce à la Cuma, nous disposons d’outils très variés : des déchaumeurs à disques ou à dents comme le Rubin, l’Occitan, le Karat ou le Kristal, un fissurateur de 3 et 4 mètres, une charrue, des semoirs de précision et à grande vitesse, sans oublier les gros chantiers avec l’ensileuse, la moissonneuse-batteuse et le matériel d’épandage pour le lisier et le fumier. On est tellement bien équipés par ce biais qu’on ne fait quasiment jamais appel à une entreprise extérieure, sauf très rarement pour des travaux spécifiques de terrassement.
« Les contraintes réglementaires bloquent nos organisations »
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, nos charges de mécanisation s’élèvent à 145 267 € pour un chiffre d’affaires d’1 160 000 €, ce qui représente environ 12,5 % de notre CA. C’est une vraie satisfaction, car nous avons réussi à baisser ce ratio par rapport à l’ancienne EARL, où le matériel pesait 12,9 % du budget (96 250 € de charges pour 745 000 € de CA). Cette baisse, on la doit à la mutualisation mais aussi à l’augmentation de notre production avec les 300 cochons de plus qui ont permis de mieux amortir les coûts fixes.
Cependant, le contexte actuel devient pesant. J’observe que le prix des matériels neufs est parfois multiplié par deux pour des gains de précision ou d’automatisme assez minimes. À cela s’ajoutent les contraintes réglementaires qui bloquent nos organisations. Par exemple, la Cuma a récemment renouvelé l’épandeur à fumier en y intégrant les nouvelles normes obligatoires de freinage. Résultat ? À cause de ce changement, nos tracteurs actuels sur la ferme ne sont pas tous compatibles pour l’utiliser. Ces investissements imposés et ces barrières techniques agissent aujourd’hui comme un vrai frein à notre modernisation. »