Du sorgho grain pour remplacer le maïs à l’engraissement
TNC le 25/08/2026 à 09:27
En Indre-et-Loire, Basile Rochette a diversifié son assolement en introduisant du sorgho récolté en grain. La culture est complémentaire en maïs pour l’engraissement des bovins, avec un rendement certes moins important, mais aussi moins fluctuant.
Sur la chaîne YouTube Herbe et Fourrage Centre-Val de Loire, Basile Rochette explique pourquoi il a opté pour le sorgho pour l’alimentation de ses vaches allaitantes et animaux à l’engraissement. Fatigué des dégâts de corvidés sur maïs, il a opté pour la culture afin de diversifier son assolement. « L’intérêt pour moi, c’est d’avoir une culture supplémentaire dans la rotation, qui se substitue plus ou moins au maïs et qui est relativement tolérante aux aléas climatiques », résume l’agriculteur.
Pas besoin d’acheter de matériel pour la culture
Le sorgho est implanté après un ensilage de méteil, au début du mois de mai. L’éleveur mise sur un semis direct ou simplifié au semoir à céréale. La récolte en grain se fait avec la coupe de la moissonneuse-batteuse. « Cela fait une dizaine d’années que les éleveurs d’Indre-et-Loire commencent à cultiver du sorgho en grain ou en fourrage, on compte entre 3 000 et 6 000 ha implantés dans la région, et le fait qu’il soit possible de le faire sans investissement matériel séduit », abonde Camille Didiot, conseillère bovin viande chez Copelva.
Autre avantage, « la répartition des grains fait qu’il y a moins de dégâts de corbeaux », apprécie l’éleveur. Compter ensuite un désherbage et un apport de 50 unités d’azote sur la culture.
Entre 50 et 60 q/ha
Pour la conservation, le sorgho est broyé, puis conservé en boudin. « Sur le département, les rendements vont entre 50 et 60 q/ha. En maïs, les rendements peuvent aller de 40 à 120 q/ha, mais le sorgho est plus stable », complète la conseillère.
Côté variétal, Camille Didiot propose de miser sur des variétés dont les panicules et les épis sont bien détachés des feuilles. « Cela permet de faire une récolte assez haute pour ne pas avoir trop de terre ou d’humidité dans le grain ». Mieux vaut également viser les variétés à fortes valeurs en UF.
Pour le rationnement, le sorgho grain se substitue bien au maïs. « Sur le plan énergétique, il a les mêmes valeurs qu’un maïs, à ceci près que l’amidon se diffuse mieux au long de la journée, là où le maïs a un effet flash », explique Camille Didiot. « Il y a un tout petit peu plus de protéines que dans un maïs, mais c’est dérisoire. Le sorgho permet aussi une meilleure conservation que le maïs humide, avec un front d’attaque plus propre au printemps », ajoute l’éleveur.
