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Dossier : Crise sanitaire et reconfinement

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Confinement

Les dérogations pour la chasse limitées « au strict minimum »


AFP le 03/11/2020 à 14:09

Les dérogations au confinement accordées aux chasseurs pour permettre la régulation de certaines espèces seront limitées « au strict minimum », a assuré lundi la secrétaire d'État à la biodiversité Bérangère Abba.

La secrétariat d’État avait annoncé dimanche des dérogations pour éviter la « prolifération » des sangliers responsables d’importants dégâts sur les cultures et des cervidés problématiques pour les forêts, précisant que les prélèvements seraient définis au niveau local.

Le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) Willy Schraen avait ensuite indiqué à l’AFP que ces dérogations pourraient concerner « 6 ou 7 espèces », ajoutant notamment les lapins, lièvres, faisans et pigeons.

Interrogée sur cette hypothèse lundi lors d’une conférence de presse, Bérangère Abba a simplement répondu « non ». « L’idée et la consigne passée aux préfets est de se tenir au strict minimum et tout ce qui pourrait ne pas présenter de caractère d’urgence n’aura pas lieu dans ce mois de confinement », a-t-elle déclaré.

La lettre envoyée par le ministère aux préfets, vue par l’AFP, indique que ces derniers pourront autoriser des prélèvements de sangliers et de cervidés, mais aussi « exceptionnellement » d’autres espèces chassables qui pourraient provoquer des dégâts. Mme Abba a assuré que cette disposition concernait les cormorans « à une époque où les piscicultures sont très exposées, à l’approche des fêtes de fin d’année ».

La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) s’est inquiétée malgré tout de décisions préfectorales qui pourraient être prises pour des espèces ou dans des départements où « ce n’est pas justifié » : « on attaquera les arrêtés s’ils nous paraissent disproportionnés », a déclaré à l’AFP son directeur général Yves Vérilhac.

Les prélèvements de sangliers et de cervidés ne pourront être effectués que par des battues et du tir à l’affût, pas par l’organisation de chasse à courre. Et « la chasse dite de loisir est suspendue. Il n’est donc pas permis de chasser dans la limite d’une heure quotidienne et dans la limite d’un kilomètre autour de son domicile, comme l’attestation dérogatoire de déplacement le permet lorsqu’il s’agit de promenades ou d’activités physiques », a reconnu la FNC lundi sur son site internet, alors que son président avait évoqué vendredi sur Facebook une « heure de détente cynégétique ».

Chaque année, les chasseurs doivent payer des millions d’euros d’indemnisation aux agriculteurs pour les dégâts causés par les sangliers. Selon Willy Schraen, entre un tiers et un quart des prélèvements de grand gibier sont effectués en France au mois de novembre et quelque 500 000 sangliers devaient être tués d’ici fin décembre.

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