Une pollution des sols en Charente-maritime près d’une usine d’engrais
AFP le 21/08/2026 à 12:15
En Charente-maritime, les habitants voisins d'une usine de production d'engrais ont appris les uns après les autres que les sols de leurs jardins étaient pollués par des métaux lourds « à des niveaux présentant des risques sanitaires », selon la préfecture.
A Tonnay-Charente, après avoir suspecté, pour certains depuis près de 20 ans, cette pollution des sols, des habitants installés à proximité du site de production de la société Timac Agro, filiale du groupe Roullier, craignent désormais une expropriation.
Les résultats de l’interprétation de l’état des milieux (IEM), demandée depuis 2019 par les services de l’Etat à Timac Agro pour évaluer les impacts sanitaires de son activité, sont communiqués au compte-gouttes depuis plusieurs semaines aux résidents volontaires pour des analyses de sol.
Sur 92 parcelles analysées dans ce lotissement résidentiel de la cité de la Coudre, à Tonnay-Charente, près de la moitié présentent « un état des sols incompatible avec les usages résidentiels et l’autoproduction alimentaire », écrit la préfecture dans un courrier cosigné avec l’Agence régionale de santé (ARS) et envoyé aux habitants concernés.
Plus largement, l’ensemble des habitants de ce quartier ouvrier, en périphérie de la ville, sont incités à éviter la consommation de légumes cultivés en potager, à laver les jouets utilisés en extérieur ou encore à se déchausser dans leur maison.
Dans un arrêté fin juillet, le préfet Michel Prosic a demandé à Timac Agro de lui remettre, dans un délai de six mois, un plan de gestion censé définir, parcelle par parcelle, les mesures de nettoyage et de restauration d’un sol sain et les restrictions d’usage. La société a deux mois pour faire appel.
Ce site industriel au bord du fleuve Charente, créé en 1915 par la Compagnie royale asturienne des mines, accueillait différentes activités industrielles : raffinerie et laminage de zinc, fonderie de plomb, fabrication d’acide sulfurique, d’engrais.
Au début des années 1960, cette compagnie a cédé une partie du site à des promoteurs, où se trouve aujourd’hui ledit lotissement. Timac Agro a acquis le reste en 1979 pour son activité de fabrication de fertilisants, cessée en mars 2023.
Contactée par l’AFP, l’entreprise dit avoir « pris acte de l’arrêté préfectoral » et « examine les suites à (lui) réserver dans le respect des voies de droit ». Elle estime avoir « pleinement coopéré avec les autorités administratives tout au long des investigations environnementales » et « demeure attentive aux préoccupations exprimées par les riverains ».