UFS

Une innovation variétale incontournable face aux défis agricoles


TNC le 05/11/2020 à 11:15
La France reste leader de la production et de l'exportation de semences, mais la réglementation continue de freiner la dynamique du secteur, a rappelé l'UFS lors d'une conférence de presse, le 4 novembre. (©Pixabay)

La France reste leader de la production et de l'exportation de semences, mais la réglementation continue de freiner la dynamique du secteur, a rappelé l'UFS lors d'une conférence de presse, le 4 novembre. (©Pixabay)

Si la filière semencière française est l’une des plus importantes à l’international, les questions de l’accélération et de l’acceptation sociétale de la recherche restent stratégiques pour permettre aux semenciers, mais aussi à toute l’agriculture française, de lutter contre les conséquences du changement climatique et réduire l’utilisation de produits phytosanitaires, a rappelé l’UFS en amont de son assemblée générale annuelle.

La campagne 2019 a, une nouvelle fois, confirmé la performance des semences françaises à l’export, avec une balance commerciale positive record d’un milliard d’euros, a rappelé Claude Tabel, président de l’Union française des semenciers (UFS) lors d’une conférence de presse le 4 novembre. La France reste ainsi premier producteur européen de semences, et premier exportateur mondial.

Le dynamisme de la production de semences se maintient, avec une croissance globale de 2 % et une hausse dans la majorité des filières, à l’exception des céréales à paille, qui accusent une baisse de – 5 %, impactées par les pluies d’automne qui ont compliqué les semis, et les oléagineux (- 20 %) qui ont souffert de la sécheresse, notamment pour le colza. Sur le maïs, les très fortes sécheresses de juillet et août font que les résultats seront probablement en dessous des objectifs fixés par les entreprises, explique l’UFS. À noter que l’agriculture biologique connaît un très fort développement, avec une croissance de 95 % en cinq ans (+ 14 000 ha de multiplication).

Malgré les bons résultats, les aléas climatiques ont donc pesé sur la dernière campagne, entre sécheresse, pluie, et la pression des maladies, même si sur les semences de betterave (à fort coefficient multiplicateur), « on a pu conserver notre marché à l’export, et il n’y aura pas d’impact sur betterave à sucre même », précise le président de l’UFS.

Innovation variétale et transition agricole

Dans ce contexte, le rôle de la recherche et des nouvelles techniques de sélection reste important. D’après une étude réalisée par Euroseeds, association européenne de semenciers dont l’UFS est membre, ces méthodes sont mobilisées par les entreprises semencières européennes, à 23 % pour améliorer la tolérance aux maladies et aux ravageurs. L’utilisation de variétés tolérantes est en effet en croissance. « La sélection variétale représente le deuxième levier d’obtention de CEPP, avec 23 % des certificats obtenus, alors que ces solutions ne représentent en volume que 9 % des actions standardisées disponibles », précise ainsi l’UFS. « A côté des méthodes alternatives, l’utilisation des variétés est un levier très fort pour réduire l’utilisation des produits phytopharmaceutiques », abonde Claude Tabel.

L’innovation variétale est également mobilisée pour améliorer la valeur agronomique (pour 25 % des répondants à l’enquête Euroseeds), mais l’axe alimentation-qualité nutritionnelle est également important, mentionné par 18 % des entreprises semencières européennes, qui souhaitent par exemple développer des variétés de blé contenant moins de gluten, ou un gluten moins allergène.

Imprévisibilité réglementaire et acceptation sociétale

Si les entreprises attendent des résultats de leurs programmes de recherche sur une échelle de cinq à dix ans, plusieurs freins ont été identifiés par Euroseeds, le premier d’entre eux étant l’imprévisibilité réglementaire. « On est sur des pas de temps de plusieurs années, on a besoin de lisibilité et de régularité pour pouvoir travailler », rappelle Claude Tabel. Un certain nombre de programmes de recherche ont ainsi été stoppés ou reportés en raison de la situation réglementaire en Europe depuis juillet 2018 et la décision de la cour de justice européenne d’assimiler les nouvelles biotechnologies végétales (NBT) aux OGM.

Lire : Réglementation des OGM : des organisations agricoles souhaitent une révision de la directive européenne

Pour faire avancer ce combat, « on sait que les nouvelles technologies ont besoin d’être acceptées sociétalement », souligne le président de l’UFS. L’organisation se mobilise ainsi, depuis plusieurs années, en faveur de l’innovation variétale, notamment pour faire évoluer la réglementation OGM, qui date de 2001. La Commission européenne a inscrit le sujet à son agenda et a mené une étude sur les possibilités offertes par ces nouvelles méthodes de sélection. Les résultats seront présentés en avril 2021, une première étape avant d’envisager une adaptation éventuelle de la directive OGM, ou une réglementation dédiée, « ce que nous espérons fortement », insiste Claude Tabel.

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