Bilan de la moisson 2020

Un déficit moyen de trésorerie de 110 € par hectare selon Piloter sa ferme


TNC le 11/09/2020 à 18:02
Pour une exploitation céréalière moyenne de 200 ha, la perte de trésorerie suite à la moisson 2020 est de l'ordre de 22 000 euros, selon Piloter sa ferme. (©Pixabay)

Pour une exploitation céréalière moyenne de 200 ha, la perte de trésorerie suite à la moisson 2020 est de l'ordre de 22 000 euros, selon Piloter sa ferme. (©Pixabay)

Selon Piloter sa ferme, la moisson 2020 se solde, pour les exploitants, par un déficit moyen de trésorerie de 110 € par hectare. « La situation en 2019 était déjà complexe malgré de bons rendements ». Avec cette moisson qui s’achève, « le besoin en chiffre d’affaires des fermes céréalières françaises ne devrait être couvert qu’à 91 % ».

« À l’heure actuelle, les prix du marché sont supérieurs à la moyenne quinquennale mais cela ne suffira pas à absorber l’ensemble des coûts engagés. Les trésoreries risquent fortement de se dégrader, quelle que soit la région française concernée, avec un déficit estimé à 110 € par hectare. » Selon l’analyse de Piloter sa ferme, société qui développe des outils de pilotage économique des exploitations, « la récolte 2020 met en lumière que la ferme céréalière française est structurellement malade. »

À lire : Moisson catastrophique : Le revenu sera négatif pour plus de 50 % des céréaliers, alerte l’AGPB

Soulignant les « fortes disparités de rendements selon les régions et les cultures », Piloter sa ferme a calculé la valeur de la récolte des cinq principales cultures à fin août, compte tenu des rendements et des prix. « Les chiffres d’affaires potentiels sont au-dessus de la moyenne pour les blés avec 60 €/ha en plus par rapport à la moyenne quinquennale ». « Cependant, les chiffres d’affaires potentiels reculent significativement en orge et colza. »

« Pour le colza, le chiffre d’affaires potentiel est de 125 euros par hectare inférieur à la moyenne quinquennale, ceci étant lié à la baisse des rendements. Pour les orges, le cumul de la baisse des prix et des rendements engendre un recul plus significatif du chiffre d’affaires avec une baisse de 190 € par hectare en orge d’hiver et une baisse de 290 € par hectare en orge de printemps.

Pour une ferme de 200 ha, un déficit de trésorerie de 22 000 €

L’entreprise associe ces niveaux de chiffre d’affaires des exploitations avec leur « besoin en chiffre d’affaires », en tenant compte des dépenses mais aussi des aides, pour déterminer le « point d’équilibre » des exploitations. Le verdict est sévère : « Pour la récolte 2020, aucune région française ne devrait atteindre le point d’équilibre.

D’après ses estimations, « le besoin en chiffre d’affaires ne devrait être couvert qu’à 91 %. Cela met en lumière les difficultés rencontrées par la Ferme France d’un point de vue structurel car les coûts engagés sont en total décalage avec le potentiel de chiffres d’affaires. »

Ainsi, selon les calculs effectués sur une exploitation céréalière moyenne de 200 ha, « le déficit de trésorerie est estimé à 22 000 euros ».

« Pour atteindre son objectif de chiffre d’affaires, la Ferme France sera dépendante de la progression des prix, qui devront atteindre une hausse de 10 % pour toutes les cultures d’ici la fin de la campagne, mais également des rendements à venir en maïs et tournesol. »

Retrouvez les estimations de rendements et de surfaces en blé tendre, orge d’hiver et colza pour la récolte 2020, département par département :
Agreste revoit à la baisse le rendement moyen en orge d’hiver: – 12,7 q/ha
En colza, le rendement moyen atteint moins de 30 q/ha pour la 1ère fois depuis 2007
Révision à la baisse aussi pour le rendement en blé tendre,  qui s’établit à 68,3 q/ha