Punaise ! Mon colza est attaqué
TNC le 09/09/2026 à 12:00
Après un été chaud et sec, les jeunes colzas doivent désormais composer avec une pression inhabituelle de punaises. Les signalements se multiplient dans plusieurs régions et Terres Inovia appelle à la vigilance. Un nouveau problème qui arrive alors que les implantations restent tardives et parfois hétérogènes.
Les pluies de ces dernières semaines ont permis aux colzas de démarrer dans de nombreux secteurs. Mais les parcelles qui viennent tout juste de lever restent particulièrement vulnérables aux ravageurs de début de cycle. Terres Inovia signale ainsi une recrudescence des attaques de punaises sur les jeunes plantes.
Des attaques qui partent des bordures
Les conditions estivales ont été favorables au phénomène. Après une période chaude et sèche, les punaises recherchent des végétaux encore verts lorsque leurs plantes hôtes se dessèchent ou disparaissent. Elles peuvent alors se déplacer en nombre vers les repousses et les jeunes colzas.
Plusieurs espèces peuvent être impliquées. La punaise des céréales, Nysius cymoides, a notamment été identifiée lors des épisodes précédents, en 2016, 2019, 2020, 2021, 2022 et 2025.
Les attaques commencent généralement en bordure de parcelle, avant de progresser vers l’intérieur parfois en rangs serrés. Les larves prélèvent la sève des jeunes plantes, provoquant leur flétrissement puis leur dessèchement. Les populations peuvent atteindre des niveaux très importants et sont alors facilement visibles.
Les pluies de fin août ne suffisent par ailleurs pas toujours à faire disparaître les punaises. Alors que les précipitations pouvaient auparavant contribuer à disperser les larves, leur effet n’est pas systématique cette année, compte tenu des niveaux importants de population observés.
Pas d’insecticide homologué
C’est le principal problème pour les agriculteurs concernés : aucun produit phytopharmaceutique n’est actuellement homologué contre ces punaises sur colza.
Les matières actives testées jusqu’à présent ont montré une efficacité très limitée. Les fortes populations et la mobilité des insectes compliquent notamment les tests. Terres Inovia mène actuellement des évaluations au champ et en conditions contrôlées, mais aucune solution prometteuse n’a encore été identifiée.
En attendant, l’institut recommande de surveiller les parcelles et leurs abords. En cas de forte présence de punaises, il conseille, si possible, de reporter les travaux du sol pour éviter de déplacer les insectes vers les jeunes colzas.
Des colzas déjà fragilisés par les levées tardives
Cette pression intervient dans un contexte compliqué pour les implantations. Les pluies enregistrées depuis une à deux semaines ont permis certes de relancer les semis, mais tous les secteurs n’ont pas bénéficié des mêmes cumuls. Terres Inovia recommande une surveillance accrue des parcelles levées après le 1er septembre, plus sensibles aux ravageurs de début de cycle.

Le retard de semis reste d’ailleurs marqué. Selon KWS, environ 85 % des surfaces étaient semées au 7 septembre, contre 98 % habituellement à fin août. Le manque d’eau et les conditions peu favorables au travail du sol ont retardé les chantiers. Le semencier estime que les surfaces de colza pourraient finalement progresser de seulement 3 à 5 %.
Or, l’objectif d’un semis suffisamment précoce est notamment de permettre au colza d’atteindre un développement suffisant autour du 20 septembre, pour mieux résister à l’arrivée des ravageurs. Les parcelles qui lèvent tardivement disposent donc de moins de temps pour se développer avant la période sensible.
Pour les colzas en cours de levée, la surveillance reste donc le principal levier. Il faut regarder régulièrement les bordures et suivre l’évolution des dégâts. Pour l’instant, face à ces pullulations, les producteurs disposent seulement de ce levier et des travaux engagés par Terres Inovia pour trouver une solution.