Nouveau cadre pour les boues d’épuration utilisées comme fertilisant


AFP le 29/04/2026 à 09:22
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Certaines stations d'épuration vont devoir mesurer la teneur en PFAS des boues destinées à une valorisation agricole. (© Philipus//Fotolia)

La France a arrêté un cadre pour gérer les boues d'épuration qui contiennent trop de « polluants éternels » ou PFAS, à l'origine de contamination des sols et de la ressource en eau, lors de l'épandage de ces boues souvent utilisées comme fertilisant des sols agricoles.

À cette fin, une circulaire annoncée en ce sens le 9 avril par le gouvernement, a été signée lundi par les ministères de la transition écologique et de la santé et publiée mercredi. Elle vise à mettre en place un « programme de mesures de la concentration de PFAS dans les boues », puis un « cadre de gestion des boues » par les gestionnaires des stations d’épuration et, enfin, un « cadre de gestion de la qualité des sols », selon le document consulté par l’AFP.

Une enquête publiée en février par France 3 et Disclose avait révélé des taux records de PFAS dans des sols agricoles de la Meuse et des Ardennes, où des boues industrielles ont été épandues pendant des décennies. Alors que l’eau du robinet fait depuis peu l’objet de mesures réglementaires pour certaines molécules, les boues issues des eaux usées constituaient un angle mort de la prévention.

En raison d’une concentration élevée de ces molécules chimiques quasi indestructibles et aux effets délétères pour la santé, la consommation de l’eau du robinet avait été interdite dans une dizaine de petites communes de ces départements à l’été 2025, dont certaines ont depuis retrouvé une eau potable, selon le gouvernement.

86 % des boues épandues sur les terres agricoles concernées

Concrètement, cette circulaire demande aux préfets de prendre des arrêtés prescrivant aux exploitants des plus grosses stations d’épuration, de procéder à une campagne de mesure des PFAS dans les boues destinées à une valorisation agricole, que ce soit l’épandage comme fertilisant, le compostage ou la méthanisation.

Les stations concernées « représentent à peu près 6 % du parc, mais 86 % des quantités de boues épandues sur les terres agricoles », a indiqué à l’AFP le cabinet du ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre. D’ici l’été, les préfets vont demander aux gestionnaires de procéder pendant un an, chaque trimestre, à des prélèvements sur les boues valorisées, de les analyser et de communiquer les résultats.

La circulaire prévoit de mesurer la concentration de 52 PFAS, dont le TFA, le plus présent et le plus petit. La teneur en PFAS ne devra pas excéder un seuil de 400 microgrammes par kilogramme de matière sèche pour la somme de 22 d’entre eux et 40 microgrammes par kg pour la somme de six de ces 22 PFAS, parmi les plus préoccupants. La détection de ces dépassements doit mener à la suspension de la valorisation agricole des boues et à leur stockage ou destruction par incinération.