Betteraves sucrières

L’ITB fait le point sur la situation jaunisse de cette campagne


TNC le 22/09/2021 à 06:09
« À ce stade, la prévalence du virus de la jaunisse grave BYV est moins importante en 2021 qu'en 2020 », selon les analyses de l'ITB. (©TNC)

« À ce stade, la prévalence du virus de la jaunisse grave BYV est moins importante en 2021 qu'en 2020 », selon les analyses de l'ITB. (©TNC)

L'Institut technique de la betterave (ITB) vient de publier un état des lieux de la situation jaunisse des betteraves sucrières, arrivée plus tardivement cette campagne. Retrouvez aussi les premiers résultats du PNRI concernant les alternatives aux NNI.

Cette campagne, « les symptômes de jaunisse sur betteraves sucrières sont apparus tardivement au mois d’août, suite à une arrivée des pucerons plus tardive que les deux années précédentes », indique Fabienne Maupas, responsable du département technique et scientifique de l’ITB dans un point de la situation jaunisse au 17 septembre 2021

« Quelques départements ont été plus fortement touchés, en particulier le Loir-et-Cher, les Yvelines et l’Essonne avec des premiers symptômes dès le 21 juin, puis l’Eure-et-Loir, le nord de la Seine-et-Marne et les Ardennes. »

Pourcentage de parcelles de betteraves avec des symptômes avérés de jaunisse virale, indépendamment de la gravité de ces infestations. (©ITB)

À noter : « En 2021, près de 90 % des parcelles ont bénéficié d’une protection néonicotinoïdes (NNI) allégée prévenant des infestations aux premiers stades de croissance des betteraves. Finalement, le niveau n’est plus que de 77 %, en tenant compte des re-semis sans NNI, suite aux importants dégâts de gel d’avril. »

Quelles différences avec ou sans traitement de semences ? 

Selon le réseau d’épidémiosurveillance mis en place en 2021, les parcelles sans NNI se retrouvent « logiquement plus impactées qu’en présence de NNI. La protection allégée de 25 % en 2021 n’a cependant pas permis d’épargner les parcelles avec des semences traitées. Le niveau de gravité (proportion de la surface parcellaire touchée) reste néanmoins faible dans les parcelles traitées », précise Fabienne Maupas.

Résultats du réseau d’épidémiosurveillance 2021 : 

Protection insecticide dans les semencesNombre de sites observés% de sites touchés par la jaunisseGravité moyenne de la jaunisse 
Avec NNI8139,5 %1,7 %
Sans NNI9273,9 %11,2 %

Des pistes d’alternatives aux NNI…

Pour réduire les risques de jaunisse, différents travaux de recherche d’alternatives aux NNI ont été engagés dès cette campagne dans le cadre le réseau des fermes pilotes du PNRI*. Parmi celles testées, l’association d’espèces aux betteraves sucrières semblent montrer des perspectives intéressantes. En effet, « une réduction des populations de pucerons a été observée dans certaines situations, l’intérêt global devra être consolidé au cours des prochaines années ».

Sur les 8 essais mis en place cette année (Eure, Eure-et-Loir, Loiret, Pas-de-Calais et Somme) avec de l’avoine, 6 ressortent avec un impact intéressant de cette espèce, significatif sur la réduction des populations d’aptères verts, en l’absence de traitement aphicide. En ce qui concernent la vesce pourpre et la féverole, l’effet est moins évident dans les essais réalisés. Les experts notent toutefois que « leur développement a été limité avec le gel subi au printemps dernier et le programme de désherbage »…

Des analyses complémentaires sont à venir. Et les experts comptent notamment adapter différentes modalités les prochaines années : choix des espèces et des variétés, adaptation des densité de semis et de la date de semis…

En savoir plus avec un article de l’ITB : Des plantes associées aux betteraves pour limiter les populations de pucerons

… à consolider les prochaines années

D’autres techniques ont été mises à l’épreuve comme l’implantation de bandes fleuries pérennes. L’essai n’a pas été concluant cette année. « Cela est certainement lié au fait que les fleurs sont apparues trop tard par rapport à l’arrivée des pucerons. Cette technique reste toutefois assez facile à mettre en place et peu coûteuse, et elle constitue tout de même un moyen de favoriser la biodiversité sur les parcelles », souligne Alexandre Métais, responsable régional Normandie/Val d’Oise pour l’ITB. 

Pour l’essai avec les fétuques inoculées avec des champignons produisant des composés insecticides : « ces dernières ont été semées l’été dernier et maintenues en début de cycle des betteraves. Moins de pucerons ont été observés sur les modalités avec ces fétuques. Cependant, le semis des betteraves a été très délicat, et la concurrence des fétuques a été très importante. » Dans le cas du semis sous couvert de luzerne, « la luzerne semble avoir gêné, ou du moins perturbé, l’atterrissage des pucerons et l’accès aux feuilles des betteraves ». 

« Il faut avoir une vue d’ensemble et ne surtout pas tirer de conclusion sur un seul site de ces différents leviers testés. Sur trois années, nous pourrons faire de meilleures analyses sur leurs effets », conclut Alexandre Métais.

* PNRI : Plan national de recherche et innovation