Les moissons débutent et les prix des céréales reculent


AFP le 03/06/2026 à 20:55
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Les récoltes des céréales ont débuté dans plusieurs pays. (© branex/adobe stock)

Les cours des céréales sont orientés à la baisse sur les marchés mondiaux, alors que les moissons débutent sous de bons auspices, avec une météo clémente, reléguant au second plan les inquiétudes liées au conflit au Moyen-orient.

De la Bourse de Chicago à Euronext, blé et maïs affichaient des cours en baisse.

Sur le marché européen, le blé, céréale du pain, s’échangeait mercredi en fin de journée autour de 203 euros la tonne sur l’échéance de septembre, au plus bas depuis février dernier.

Le maïs était lui aussi orienté à la baisse, à 210 euros la tonne, en repli de 17 % sur une semaine.

« On observe un divorce entre le cours des grains et celui du pétrole ces derniers jours », constate Sébastien Poncelet, analyste chez Argus Media France.

« Météo favorable partout » 

Car même si « la corrélation n’a jamais été très forte », l’impact de la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transitent plus de 20 % des hydrocarbures et 30 % des engrais mondiaux, avait entraîné une hausse des coûts de l’énergie, des fertilisants et, dans une moindre mesure, des céréales et oléagineux (colza, soja…).

Malgré l’absence de perspective de sortie de crise rapide, « les grains baissent », en réponse à « une météo favorable partout », avec un retour de pluies bénéfiques des Grandes Plaines américaines à l’Europe de l’Ouest, des bords de la mer Noire à l’Australie, relève l’analyste.

Ce conflit n’a pas d’impact notable sur l’approvisionnement du monde en céréales et les marchés sont « entrés dans une période plutôt calme, avec peu d’appels d’offres » en attendant la fin des moissons, rappelle Damien Vercambre, courtier chez Inter-Courtage.

Les récoltes d’orge et blé ont notamment débuté dans de « bonnes conditions » en Inde et au Maroc. Dans ce pays du Maghreb, après des années de sécheresse, de bons rendements sont attendus, et le pays ne devrait reprendre ses importations de céréales qu’après la levée des taxes à l’importation mises en place pour juin-juillet, précise le courtier.

Au-delà de la météo favorable aux moissons, les analystes soulignent l’importance sur les cours des mouvements des fonds d’investissement, notamment sur le marché américain.

« Nous continuons d’observer des fonds d’investissement liquider leurs positions longues sur les matières premières », un signe qu’ils ne s’attendent pas à une remontée rapide des cours et une tendance qui accentue la baisse, affirme à l’AFP Michael Zuzolo, analyste chez Global Commodity Analytics and Consulting.

Stocks plus tendus

Après des achats massifs de matières premières agricoles en février-mars, au début du conflit en Iran, l’ambiance est à la liquidation : « On assiste donc à un transfert massif de capitaux, qui quittent les marchés des céréales et des oléagineux pour se diriger vers les actions et d’autres marchés », explique Arlan Suderman, analyste pour la plateforme de courtage StoneX.

Les regards se sont donc tournés vers les champs et le ciel, aux Etats-Unis, comme ailleurs. Le Centre de prévision climatique (Climate Prediction Center) a publié ce week-end des prévisions favorables aux cultures « pour l’ensemble du mois de juin », avec des pluies bénéfiques dans les Grandes Plaines américaines.

En dépit de ces prévisions encourageantes, les volumes des récoltes mondiales de céréales sont attendues en repli en 2026-27. La baisse conséquente de la moisson américaine, attendue à 42,5 millions de tonnes cet été (contre 54,1 millions de tonnes en 2025), pèsera sur les bilans mondiaux.

A ce stade, « la demande de blé mondiale devrait pouvoir être fournie mais les stocks sont tendus », constate Edward de Saint-Denis, courtier chez Plantureux-StoneX à Paris. « Cela veut dire qu’il ne faut pas d’incident climatique », poursuit-il. Or, « si pour l’instant les conditions sont bonnes sur l’hémisphère Nord, dans l’hémisphère Sud, le développement d’El Niño pourrait changer la donne ».