L’activité de la tonnellerie française recule à nouveau


AFP le 16/07/2026 à 17:15

La tonnellerie française a vu son activité reculer de nouveau en 2025/26, en valeur comme en volume, un repli particulièrement marqué sur ses marchés étrangers sur fond d'incertitudes commerciales et géopolitiques, indique jeudi la Fédération des tonneliers de France.

Le chiffre d’affaires des 67 entreprises adhérentes à la Fédération s’est lui contracté de 11,7 %, à 471 millions d’euros, après déjà une baisse de 9,5 % sur l’exercice précédent.

Avec 485 871 fûts vendus, le volume d’activité a reculé de 14 % sur un an (d’avril 2025 à mars 2026), en particulier à l’étranger (- 16,1 %). L’export représente les deux tiers des ventes.

« La tonnellerie française est directement touchée par les incertitudes qui pèsent sur les marchés mondiaux des vins et spiritueux », explique la présidente de l’organisme, Magdeleine Allaume, qui relève notamment l’impact des taxes imposées par l’administration Trump mais aussi par la Chine sur des spiritueux européens dont le cognac.

Toutes les zones géographiques sont en repli, et d’abord les Etats-Unis où la baisse atteint 20,6 % en valeur et 23,6 % en volume sur un an.

Ce recul tient aussi au déstockage de surstocks accumulés en aval chez les négociants comme chez les vignerons, l’après-Covid ayant vu « des niveaux de demande exceptionnels ».

Pour Mme Allaume, « la baisse mondiale de la production de vins et de spiritueux, l’évolution des modes de consommation et les défis climatiques appellent la filière merranderie-tonnellerie à s’adapter ».

« Si les vins premium continuent de tirer leur épingle du jeu, la consommation évolue vers davantage de vins blancs au détriment des rouges, et se fait plus modérée comme plus sélective. Cette évolution peut constituer une opportunité pour la tonnellerie » et l’élevage en fût, estime-t-elle.

Cet ancestral secteur emploie en France 3 000 à 3 500 personnes, de la préparation du bois jusqu’au façonnage du tonneau.