Cidre

La récolte de pommes s’annonce meilleure que les ventes


AFP le 09/10/2020 à 13:49

La crise sanitaire tarit les débouchés du cidre, pas les pommiers : les cidreries « vont un peu saturer » cette année, rapporte vendredi la filière, qui évoque une situation « globalement alarmante » tant que l'épidémie réduit les occasions de trinquer.

« Le ramassage des pommes à cidre, qui se fait mécaniquement une fois les pommes arrivées à maturité et tombées au sol, est précoce », souligne dans un communiqué l’Union nationale interprofessionnelle cidricole (Unicid).

« Il a débuté, selon les vergers, une dizaine de jours plus tôt par rapport à la moyenne, soit dès mi-septembre », et doit se poursuivre jusqu’à la fin novembre, poursuit l’Unicid, qui anticipe une production « globalement abondante » dans un contexte morose.

Depuis le début de l’année, les ventes ont reculé de plus de 6 % dans la grande distribution, qui représente 60 % du marché, « principalement du fait du confinement ». Côté bars, restaurants et événements festifs, la consommation a été « inexistante pendant cette période et elle n’a repris que progressivement et partiellement ». « Les récentes restrictions concernant les bars et restaurants montrent que la reprise n’est toujours pas assurée », ajoute l’interprofession.

« Certains cidriers, notamment en Bretagne et Normandie, ont pu rattraper partiellement les ventes grâce aux touristes estivaux. Toutefois, la situation de notre filière (…) reste globalement alarmante », estime Marc Roubaud, président de l’Unicid, cité dans le communiqué. L’État s’est engagé à débloquer une aide de 5 millions d’euros.

Cette enveloppe va subventionner la destruction des excédents de cidre et de pommes qui vont être transformés en gaz dans des méthaniseurs, a précisé à l’AFP Jean-Louis Benassi, directeur de l’Unicid.

Cela doit permettre de « respirer devant les quantités de pommes qui se bousculent déjà à l’entrée des cidreries » qui vont « un peu saturer », a-t-il ajouté.

La filière regrette de se voir coupée « en plein élan » : « Après une lente érosion des volumes, les ventes de cidres avaient progressé de 3,3 % l’an dernier en France, atteignant près de 80 millions de litres, auxquels s’ajoutent plus de 10 millions de litres à l’export, pour un chiffre d’affaires de 225 millions d’euros. » L’interprofession fait par ailleurs valoir qu’elle « s’approche, avec deux ans d’avance, de son objectif extrêmement ambitieux de triplement, à 30 %, des surfaces en agriculture biologique ».