[Étude Inra] Paysages agricoles

Des parcelles plus petites et des cultures diversifiées pour la biodiversité


TNC le 29/08/2019 à 17:23

En collaboration avec des équipes allemandes, espagnoles, anglaises et canadiennes, des chercheurs de l’Inra et du CNRS ont étudié l’effet de la taille des parcelles et de la diversité des cultures sur la biodiversité. Leurs travaux ont montré « qu’augmenter la complexité de la mosaïque des cultures serait un levier considérable pour conserver et restaurer la biodiversité des paysages agricoles tout en maintenant les surfaces de production agricole ».

Selon l’Inra, « l’intensification de l’agriculture et la disparition de milieux semi-naturels (bosquets, haies, bandes enherbées…) représentent une des principales causes de la perte de biodiversité actuelle ». Tandis que « reconvertir des terres cultivées en milieux semi-naturels reste souvent difficile dans de nombreux territoires », des chercheurs de l’Inra et du CNRS ont montré, dans une récente étude, « qu’augmenter la complexité de la mosaïque des cultures constitue un levier d’action considérable pour conserver et restaurer la biodiversité des paysages agricoles », présente l’institut dans un communiqué.

Ainsi diminuer la taille des parcelles cultivées et/ou augmenter la diversité des cultures serait aussi « bénéfique qu’augmenter la proportion de milieux semi-naturels ». Par exemple, « une diminution de la taille moyenne des parcelles de 5 à 2,8 hectares génère une augmentation de la biodiversité comparable à celle observée lorsque la proportion de milieux semi-naturels augmente de 0,5 à 11 %. Cette étude montre également que les petites parcelles ont un effet positif sur la biodiversité y compris en l’absence de végétation semi-naturelle entre les parcelles ».

Autre point : « la diversité des cultures a un effet positif sur la biodiversité parce que différents types de cultures hébergent souvent différentes espèces, mais aussi parce que différentes cultures fournissent des ressources complémentaires et nécessaires au maintien de certaines espèces dans les paysages agricoles ». Cela est surtout vrai « dans les paysages agricoles contenant une proportion de milieux semi-naturels supérieure à 11 %, qui représentent la moitié des paysages agricoles échantillonnés dans cette étude ». « Des politiques agri-environnementales favorisant une réduction de la taille moyenne des parcelles cultivées et, dans certaines conditions*, des cultures plus diverses, permettrait de conjuguer maintien d’une biodiversité élevée et maintien des surfaces de production agricole », juge l’Inra. Les résultats de cette étude contribuent à alimenter les débats en cours dans le cadre de la réforme de la Pac.

* : « Lorsque la proportion de milieux semi-naturels est supérieure à 11% ou lorsque les cultures additionnelles sont associées à des pratiques relativement peu intensives. »