Céréales et colza en Pologne : une récolte 2026 sous pression
TNC le 24/08/2026 à 10:00
En Pologne, le ministère de l'agriculture table sur une récolte céréalière en repli de 9 %, au terme d'une campagne marquée par le gel, la sécheresse, et des rendements très hétérogènes. Le colza décroche de plus de 20 %, ce qui pourrait coûter au pays sa place de 3ᵉ producteur de l’UE.
D’après des chiffres publiés le 8 août, le ministère polonais de l’agriculture (MRiRW) table sur une récolte céréalière d’environ 33,6 Mt dans le pays, en repli de près de 3,4 Mt sur un an.
Le blé, dont la Pologne est le troisième producteur de l’UE derrière la France et l’Allemagne, tomberait à 12,2 Mt contre 13,5 Mt en 2025 et une moyenne quinquennale de presque 13 Mt. Le maïs échappe au mouvement de repli observé ailleurs en Europe, avec une récolte annoncée au-delà de 9 Mt, dans la moyenne du pays.
Côté oléagineux, la récolte polonaise de colza ne dépasserait pas 2,83 Mt contre environ 3,6 Mt en 2025 et une moyenne quinquennale de 3,5 Mt, soit une chute de plus de 20 %.
En ce qui concerne l’orge, l’estimation la plus récente est celle diffusée par l’Office central des statistiques polonais (GUS) le 31 juillet : la production 2026 atteindrait 3,4 Mt, contre une moyenne quinquennale en dessous de 3 Mt.
Le gel, puis la sécheresse, puis la canicule
Le GUS détaille les accidents climatiques qui ont émaillé la campagne de production et qui expliquent ces chiffres. En particulier, en janvier et dans les deux premières décades de février, les températures au niveau du sol sont descendues localement sous – 25 °C, avec dans de nombreuses zones une couverture neigeuse insuffisante pour protéger les cultures.
Après une météo « globalement favorable à l’agriculture » en mars, des gelées tardives sont survenues fin avril, jusqu’à – 9 °C par endroits, tandis que « le déficit croissant de précipitations » a « affecté négativement la croissance et le développement des cultures ».
Puis juin et juillet ont apporté des épisodes climatiques extrêmes – fortes chaleurs, orages, chutes de grêle, tempêtes et vents violents – avec, pendant les travaux de moissons, « des conditions météorologiques variées ».
Résultat : un rendement moyen des céréales de base en retrait sur un an, la surface restant quasi stable. Ce décrochage du rendement est concentré sur les céréales d’hiver (environ 49 q/ha d’après les estimations du GUS de fin juillet, soit – 4,9 %), quand les céréales de printemps limitent la casse et verraient même leur production progresser par effet de surface.