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Bilan après 10 années en agriculture de conservation des sols


TNC le 23/06/2022 à 14:42
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Pour Julien Senez, « il est possible de mener une ferme céréalière sans fumure de fonds, si on produit plus de 4,5 t de MS/ha. Cela permet de nourrir nos cultures et notre fertilité long terme ». (©Alain Van de Kerckhove)

Dans une vidéo relayée sur la chaîne Youtube de Ver de Terre production, Julien Senez, installé dans l’Oise, revient sur 10 années d’agriculture de conservation des sols sur son exploitation.

Agriculteur dans l’Oise, Julien Senez s’est lancé dans l’agriculture de conservation dès son installation sur la ferme familiale de 200 ha en 2009. Souhaitant alors appliquer ce qu’il avait découvert dix ans auparavant en Nouvelle-Zélande. Aujourd’hui, il pratique le semis direct et cherche à produire le maximum de biomasse sur ses parcelles via les couverts courts, longs et relais (4,5 t de MS/ha/an).

Un gain de marge nette autour de 270 €/ha

Lors d’un évènement organisé par Horsch, l’agriculteur a présenté son retour d’expériences. « Après 10 ans de semis direct, on a pu remonter le taux de MO de 1,7 à 2,7, on a réussi à rééquilibrer notre pH et on a développé nos rendements pour toutes les cultures. » Julien Senez note + 8 % de rendement en blé et + 12 % en maïs par exemple, comparé à la moyenne de la coopérative locale. Cela s’explique, selon lui, essentiellement par le développement de la biomasse des couverts, qui ramène de la fertilité ». 

« Dès qu’on bascule en semis direct, on observe aussi une réduction des charges (- 110 €/ha), grâce à la mécanisation surtout, poursuit-il. Entre la réduction de charges, le gain de rendement et depuis un an, la rémunération du stockage de carbone, le gain de marge nette tourne autour de 270 €/ha. On a aussi réussi à réduire nos heures de traction sur la ferme de 60 % (980 h en 2013, 398 ha en 2020) et le recours aux produits phytosanitaires (- 23 % en tout : – 28 % herbicides, – 18 % fongicides). »

De son expérience, l’agriculteur en retire plusieurs enseignements, qu’il partage notamment dans le cadre de son activité de conseil Kiwi Agronomy. « Pour se lancer en semis direct, il faut partir d’une base solide. Si on a un taux de MO autour de 2 %, une bonne structure de sol, un niveau de salissement et un pH corrects, on peut démarrer sans période de transition. Mais si ces différents critères ne sont pas réunis, il y aura forcément une période de transition à opérer : entre 3 et 4 années pour intensifier les biomasses, sans se passer complètement du travail du sol ».

Autres enseignements mis en avant par Julien Senez  :

  • « Il est possible de mener une ferme céréalière sans fumure de fonds, si on produit plus de 4,5 t de MS/ha. Cela permet de nourrir nos cultures et notre fertilité long terme » ;
  • « Toujours bien respecter les rapports C/N dans son système » ;
  • « Attention au tassement du sol : intervenir au maximum quand les conditions climatiques le permettent » ;
  • « Dans ce genre de transition, tout repose sur les hommes. Il faut que toutes les personnes impliquées dans l’exploitation soient dans une optique de changement ».

Découvrez le témoignage complet de Julien Senez en vidéo (cliquez sur le curseur pour lancer la lecture) :