Agriculture de conservation des sols

B. Darosey (21): « Enfin une reconnaissance grâce au label Au cœur des sols ! »


TNC le 06/03/2020 à 18:04
L'exploitation de Bernard Darosey, adhérent de l'Apad, est labellisée « Au cœur des sols ». (©TNC)

L'exploitation de Bernard Darosey, adhérent de l'Apad, est labellisée « Au cœur des sols ». (©TNC)

Installé en Côte d'Or et également président de l'Apad Centre-Est, l'exploitation de Bernard Darosey vient d'être labellisée récemment « Au cœur des sols ». Une reconnaissance attendue pour cet agriculteur, qui pratique l'agriculture de conservation des sols depuis une dizaine d'années et qui devrait permettre, selon lui, de renouer le dialogue entre agriculteurs et citoyens.

Bernard Darosey qualifie son parcours comme « atypique ». À 43 ans, il s’installe en tant qu’agriculteur en Côte d’Or en hors-cadre familial. Convaincu par l’agriculture de conservation des sols (ACS) et sa « durabilité », il décide de passer, deux ans après son installation, toute l’exploitation dans ce système. L’agriculteur met, alors, en place les trois piliers de l’ACS, à savoir : semis sans aucun travail du sol, couverture permanente du sol et diversité des espèces cultivées. Ce dernier point est notamment important pour « aller plus vite dans la transition », commente Bernard Darosey. « En 10 ans, j’aime dire que j’ai réalisé 20 récoltes entre les cultures de production destinées à la vente et les couverts végétaux, qui contribuent à nourrir mon sol ».

L’exploitation de Bernard Darosey :
– SAU : 185 ha
– Assolement : blé, orge, colza, pois, féverole, lentille, tournesol et maïs grain.  – Couverts : multi-espèces et une partie en couverts permanents.

Pour l’accompagner dans ce système, l’agriculteur peut compter sur l’appui du réseau Apad (Association pour la promotion de l’agriculture durable). « Le groupe permet d’expérimenter, d’échanger et de progresser, », confie également Jacky Berland, un autre agriculteur du réseau, engagé depuis 20 ans en ACS. Parmi les nombreux projets portés par l’Apad, le lancement du label « Au cœur des sols » vient récemment d’aboutir, avec son officialisation lors du Salon de l’agriculture.

À lire : Témoignages d’agriculteurs : « remettre le sol au cœur des préoccupations »
Et : « Sols vivants » : avancer en groupe vers l’agriculture de conservation des sols

Faire reconnaître les pratiques de l’ACS…

« C’était un véritable enjeu pour moi, d’avoir enfin une reconnaissance du système et des pratiques mises en place depuis un peu plus d’une dizaine d’années », témoigne Bernard Darosey, aujourd’hui labellisé. Pour lui, l’ACS est « le seul système qui allie continuité de la productivité agricole et respect de l’environnement », il permet de « baisser le recours aux intrants (GNR, phytos…), de stocker du carbone, etc ».

Avec cette démarche de labellisation, c’est l’opportunité de « valoriser tout le collectif » et cela « va nous permettre de réconcilier les consommateurs, les citoyens avec le monde agricole ». Sous ce label « Au cœur des sols », les exploitations s’engagent à :

  • « Mettre en place les trois piliers de l’ACS »
  • « Être dans une démarche de progrès quant à l’utilisation des produits phytosanitaires : se former en permanence pour progresser, identifier et tester des solutions alternatives durables, documenter nos résultats »
  • « Favoriser les éléments agro-écologiques sur nos fermes : haies, ruches, nichoirs… »
  • « Se former et échanger en groupe au sein d’associations territoriales : formation continue, lien avec les territoires, suivi en groupe d’indicateurs de résultats (vie du sol, structure du sol, impact carbone) », précise l’Apad.

Pour en savoir plus : « Au cœur des sols », un label pour valoriser les fermes en agriculture de conservation des sols

Les objectifs de l’Apad pour la démarche « Au cœur des sols » :
200 fermes labellisées en 2020 > 1 000 d’ici 2022 > 5 000 d’ici 2025 > 10 000 d’ici 2030.

Et à terme, valoriser les services environnementaux rendus

« Créé par des agriculteurs au profit des agriculteurs, ce label n’a pas pour but, pour le moment, de valoriser les produits issus de l’exploitation, c’est surtout un label de reconnaissance », ajoute Bernard Darosey. À terme, l’Apad cherche toutefois à développer une rémunération des agriculteurs en ACS « pour les services rendus : stockage de carbone, biodiversité, qualité de l’eau via une rémunération carbone et des paiements pour services environnementaux ».

Vous souhaitez rejoindre le mouvement ?

Pour les agriculteurs souhaitant faire labelliser leur exploitation, il faut bien sûr les différents engagements cités précédemment. Et il faut « être engagé dans un groupe Apad ou bien se rapprocher d’un groupe pour pouvoir jouer le collectif avec d’autres agriculteurs qui pratiquent l’ACS », précise Bernard Darosey.

> Retrouvez plus d’infos en contactant l’Apad : contact@apad.asso.fr

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