Au Sommet de l’élevage, les vaches paradent, les prairies souffrent et les politiques se font attendre


TNC le 06/10/2026 à 15:30
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La FNSEA et JA ont manifesté le premier jour du Sommet de l'élevage pour dénoncer les failles du système d'assurance prairie. (© TNC)

Si l’année dernière, le salon de Cournon avait été marqué par l’absence de vaches pour des raisons sanitaires, les inquiétudes des éleveurs se concentrent cette année sur la sécheresse et ses conséquences, d’autant plus inquiétantes que le système d’assurance prairie apparaît défaillant.

Autour de Cournon-d’Auvergne, où s’ouvre aujourd’hui le Sommet de l’élevage, « tout est grillé », déplore Guillaume Léger, éleveur et président des Jeunes agriculteurs Auvergne-Rhône-Alpes. Comme presque partout en France, les prairies sont sèches après un été historiquement chaud et sans précipitations, qui ont obligé les éleveurs à entamer leurs stocks de fourrage. Et pourtant, les assurances prairies semblent avoir du mal à se déclencher.

Autour de 50 % de pertes

C’est là un sujet d’inquiétude majeur pour les éleveurs : face à la crise climatique, le gouvernement met en avant l’assurance, mais « le modèle n’est pas à la hauteur des investissements », déplore Patrick Bénézit, président de la FNB. A défaut d’échanger avec la ministre, qui a dû reporter son déplacement au Sommet pour des raisons de sécurité, la FNSEA et Jeunes agriculteurs ont fait le tour des assureurs présents sur le salon pour dénoncer le décalage entre les données satellitaires et la réalité du terrain.

« Airbus nous a donné un taux moyen de 33 % de pertes d’herbe au premier semestre, ce n’est pas possible : c’est 15 à 20 points d’écart avec ce que l’on constate sur le terrain », précise Patrick Bénézit. Du côté des syndicats, les pertes sont plutôt estimées à 50 %.

Ces chiffres imposent de revoir « les modes d’évaluation et d’indemnisation », abonde Guillaume Léger, d’autant plus que le calcul sur la moyenne triennale « fait qu’à terme, avec la succession d’années sèches, on ne va plus déclencher », ajoute l’éleveur.

Accompagner la production

Face à l’ampleur des pertes agricoles générées par les aléas climatiques de l’été, le plan Casi d’un milliard d’euros pour gérer l’urgence, et le projet de budget 2027 pour l’agriculture sont jugés insuffisants par les syndicats. « Même la saison 2027 démarre mal, les semis de colza sont ratés, on ne peut pas ressemer, les récoltes de blé, de maïs sont catastrophiques, le GNR est cher… », résume François Walraet, secrétaire général de la Coordination rurale, pour qui « le ministère n’est pas au rendez-vous des pertes colossales ». Pour lui, l’assurance n’est pas le sujet principal : « on demande des solutions pour produire malgré le climat qui change, et répondre à l’objectif de souveraineté alimentaire », explique-t-il.

Le risque est aussi de voir beaucoup de petites fermes arrêter l’activité. « Notre demande de soutien à l’actif n’a pas été entendue par le ministère », explique ainsi Samuel Marguet, membre de la Confédération paysanne. Le syndicat demandait un soutien spécifique pour les petites structures, mais également davantage de moyens pour financer la transition. « Les petites fermes sont importantes pour le tissu rural », ajoute-t-il, rappelant l’objectif de la Conf’de porter le nombre d’exploitations agricoles à 1 million, contre 400 000 aujourd’hui. Une ambition qui semble peut-être difficilement atteignable dans un contexte agricole particulièrement morose, bien que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, ait promis aux agriculteurs un « plan de relance » dans le budget 2027 actuellement en discussion. En attendant, la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, devrait se rendre au Sommet de l’élevage en fin de semaine, pour continuer à échanger avec des éleveurs qui restent encore en attente de réponses fortes.