Moisson en Côte-d'Or

« Un bilan global très médiocre », mais du blé de qualité pour Dijon Céréales


TNC le 29/07/2020 à 17:10
Sur l'ensemble de la coopérative Dijon Céréales, le rendement moyen du blé est en baisse de 5 % : à peine 6 t/ha. (©@philippedubief)

Sur l'ensemble de la coopérative Dijon Céréales, le rendement moyen du blé est en baisse de 5 % : à peine 6 t/ha. (©@philippedubief)

La moisson touche à sa fin en Côte-d'Or. La coopérative Dijon Céréales dresse son bilan : « Une moisson 2020 aux rendements hétérogènes mais aux blés de belle qualité », tandis que pour le colza, c’est encore une « une année catastrophique ».

La moisson 2020 s’achève à la coopérative Dijon Céréales. Il reste, chez ses adhérents, un peu moins de la moitié des orges de printemps encore à battre. « Le bilan est très contrasté, avec des différentiels de rendements jamais atteints selon les secteurs en Côte-d’Or, mais aussi une belle qualité d’ensemble en céréales et notamment pour les blés », a annoncé la coopérative dans un communiqué le 28 juillet.

Le coup d’envoi a été donné le 22 juin dans le Sud du département, une date « dans la normale de ces dernières années ». Mais il n’y a pas eu de « coup de feu » cette année, la collecte s’est inscrite dans la durée : la plus grosse journée, celle du 13 juillet, a atteint un plafond de 24 000 t collectées pour la coopérative, contre plus de 40 000 tonnes lors de précédentes moissons. »

Une collecte en berne

Les chantiers de récolte ont bénéficié d’une météo clémente, mais les rendements décevants font plonger la collecte 2020-2021 de Dijon Céréales : – 15 % en dessous de celle de la campagne 2019-2020, selon les prévisionnels.

L’année 2020 se caractérise par des rendements décevants, ainsi qu’une forte hétérogénéité selon les secteurs : « les volumes par hectare s’inscrivent dans des fourchettes de un à plus de trois, toutes espèces confondues. »

Lire aussi : Des résultats mitigés pour la coopérative Agora

La coopérative estime que « la récolte confirme, dans le contexte du dérèglement climatique la très grande difficulté récurrente des terres à potentiels limités, sableuses, plateaux et terres superficielles de l’Auxois-Morvan, du Châtillonnais ou du Nord – Nord Est de Dijon. La situation économique des exploitations de ces secteurs est critique pour nombre d’entre elles. »

Faute de quantité, une bonne qualité des blés

C’est le blé qui s’en sort le mieux : bien que le rendement moyen soit en baisse de 5 % (à peine 6 t/ha), la qualité est présente, que ce soit sur les critères physiques (PS à 80 en moyenne) ou technologiques (protéines en moyenne à 12,5 et bons Hagberg) sur l’ensemble de la coopérative.

Lire aussi : Une récolte française de blé tendre de seulement 29,22 Mt, selon Agritel

« Cette qualité est un plus pour le débouché meunerie intérieure mais aussi pour l’export vers le bassin méditerranéen très concurrentiel. Elle répond aussi aux attentes des filières à valeur ajoutée dans lesquelles sont investis les adhérents de Dijon Céréales (Hypérion, Label Rouge, Nestlé Préférence, Carta del Molino, Harrys), et qui pèseront près de 20 % des blés collectés sur cette campagne. »

De bons calibrages pour les orges, mais une catastrophe en colza

Les rendements s’affichent également en baisse pour l’ orge d’hiver : « il manque à l’échelle de la coopérative entre 15 et 20 % des volumes en escourgeons et orges d’hiver » déplore Dijon Céréales. Malgré les rendements très hétérogènes, « les orges d’hiver se distinguent par de bons calibrages (moyenne à 88), de protéines bien positionnées pour la brasserie en terres profondes mais qui peuvent être excédentaires en terres plus légères. »

Pour l’ orge de printemps, les premiers résultats indiquent que les calibrages sont bons, mais que les rendements sont faibles, inférieurs à 5 t/ha en moyenne.

« Le colza poursuit sa chute, avec un rendement moyen catastrophique autour de 2,2 t/ha, un tiers de moins qu’en 2019. » La coopérative explique ce coup dur : « la crucifère a cumulé de mauvaises conditions d’implantation avec un démarrage très lent voire non réalisé dans le sec, un coup de froid venteux et du gel fin mars et surtout la pression de la grosse altise, qui s’élargit sur l’ensemble du département après avoir concerné surtout le secteur du nord Côte-d’Or. »

Plusieurs incidents climatiques et une pression des insectes

La météo a donné du fil à retordre aux agriculteurs : « du sec à l’implantation des colzas en fin d’été ; un coup de froid venteux et du gel fin mars qui a nui aux colzas rescapés mais aussi aux orges d’hiver, qui ont par ailleurs subi des conditions défavorables pendant la méiose ; et bien sûr les 50 jours de sec du printemps (mars-avril) particulièrement impactant sur les terres à faible réserve hydrique avec un nombre d’épis déficitaire. »

La pression parasitaire a également été présente durant le développement des cultures. « La grosse altise en colza dont l’influence s’accroit depuis le nord vers le sud Côte-d’Or, en l’absence de solutions phytosanitaires réellement efficace. L’avenir est plus qu’incertain pour la tête de rotation de la Côte-d’Or, d’autant qu’une culture alternative comme le pois a également souffert en rendement. La moutarde est aussi dans la balance pour les mêmes raisons que sa cousine le colza. »

Lire aussi : Une étape à ne pas rater pour mieux contrer les ravageurs d’automne

La jaunisse nanisante de l’orge (JNO), transmise par les pucerons d’automne a causé aussi des dommages. « Elle a impacté localement très fortement les rendements des orges d’hiver, avec des parcelles plafonnant à 1,5 t/ha, mais également des blés. Quand le remplacement du colza s’est révélé nécessaire, le report s’est effectué vers les orges de printemps mais surtout vers le tournesol. La Côte-d’Or s’est ainsi largement habillée de soleils jaunes au mois de juillet. Mais là encore, la nouvelle période de sécheresse qui s’engage interroge sur le potentiel de ce tournesol de rattrapage, des maïs et autres sojas à la future moisson d’automne sur les terres à faible ou moyen potentiel. »